Le conseil d’administration de Madar Holding a annoncé, le 8 janvier 2026, la nomination d’Adel Khemane au poste de président-directeur général du groupe public, dans le cadre d’un renforcement de la gouvernance et de la dynamique stratégique du conglomérat. Cette décision, précise le communiqué, vise à consolider le rôle de Madar comme outil économique structurant au service des politiques publiques et du développement industriel.
Le groupe met en avant le parcours managérial d’Adel Khemane, soulignant son expérience dans la conduite de grandes entreprises, notamment dans les secteurs de l’industrie et des télécommunications. La nouvelle direction est appelée à poursuivre une trajectoire axée sur la performance économique, la création de valeur et la gouvernance.
Un nouveau PDG pour tourner la page d’une gouvernance fragilisée
Cette nomination intervient après une période de transition ouverte à l’automne 2025, lorsque Charaf Eddine Amara, alors PDG de Madar, a été relevé de ses fonctions par décision de l’assemblée générale extraordinaire, et remplacé par Lotfi Bouaraara en qualité de directeur général par intérim.
Officiellement, ce changement avait été présenté comme une étape de réorganisation managériale visant à améliorer l’efficacité du groupe.
Mais la rupture avec l’ancienne direction a pris une dimension supplémentaire avec les développements judiciaires concernant Charaf Eddine Amara. L’ex-PDG a été placé sous mandat de dépôt dans le cadre d’une procédure judiciaire en cours, ajoutant une dimension pénale à une transition déjà sensible au sommet de l’un des principaux holdings publics algériens.
Restaurer la crédibilité et assurer la continuité
La séquence met en lumière les tensions persistantes autour de la gouvernance des grands groupes étatiques, appelés à jouer un rôle central dans la stratégie de diversification économique de l’Algérie. Madar, actif dans des secteurs industriels clés, se retrouve ainsi au cœur d’un double enjeu : assurer la continuité opérationnelle tout en restaurant sa crédibilité institutionnelle.
Dans ce contexte, la nomination d’Adel Khemane est une tentative de tourner la page d’une gouvernance fragilisée et de repositionner Madar comme un instrument discipliné de la politique industrielle.