Le 4 avril 2026, le président Abdelmadjid Tebboune a convoqué le corps électoral pour les élections législatives, fixant le scrutin au jeudi 2 juillet. Le décret prévoit une révision exceptionnelle des listes électorales, ouverte du 12 au 26 avril, conformément au décret de convocation.
Cette convocation intervient au terme d’une série d’ajustements des lois encadrant le jeu politique : modification de la loi électorale, validation par la Cour constitutionnelle, et redécoupage territorial portant le pays à soixante-neuf wilayas.
Le nombre total de sièges à l’Assemblée populaire nationale n’a pas été augmenté. En revanche, la création de nouvelles wilayas redistribue les sièges existants en fonction du poids démographique. Sans changer la taille du Parlement, le pouvoir redéfinit ainsi la géographie de sa représentation.
Ce type de recomposition est loin d’être neutre. Dans un système électoral fondé sur le scrutin de liste proportionnel, les circonscriptions sont déterminantes. Fragmenter une wilaya en plusieurs entités, ou en créer de nouvelles, revient à modifier les seuils d’accès aux sièges, la structure de la concurrence et, potentiellement, la nature des majorités. Là où de grandes circonscriptions favorisent les partis organisés, des unités plus petites peuvent avantager des listes locales ou indépendantes, notamment dans un contexte où la loi encourage explicitement ces candidatures.
Des équilibres recalibrés
La réforme électorale ne bouleverse pas tous les équilibres. L’exigence d’un tiers de femmes sur les listes existait déjà dans le dispositif précédent. En revanche, elle introduit une contrainte nouvelle en imposant que la moitié des candidats aient moins de quarante ans. Ce mécanisme organise un renouvellement générationnel encadré. Mais c’est surtout le croisement entre ces règles et la nouvelle carte territoriale qui pourrait produire les effets les plus significatifs.
La redistribution des sièges sans augmentation globale crée un jeu à somme nulle. Certaines wilayas perdront mécaniquement du poids au profit d’autres, notamment celles issues du nouveau découpage. Dans un scrutin proportionnel, ce déplacement peut suffire à faire basculer des équilibres locaux, en particulier dans les circonscriptions à faible nombre de sièges où la prime au premier est plus marquée.
Dès lors, le scrutin de juillet ne devrait pas bouleverser l’architecture du pouvoir. Dans un système où le Parlement joue un rôle limité, la redistribution des sièges tient davantage d’un recalibrage que d’une compétition. La nouvelle géographie électorale ne produira pas une alternance, mais entérinera une redistribution des équilibres existants.