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Méthode Rezig: réguler ou asphyxier l’économie ?


Le ministère du commerce extérieur et de la promotion des exportations vient d’autoriser exceptionnellement l’importation des lubrifiants nécessaires à la production industrielle. Les entreprises sont ainsi dispensées de l’obligation de la présentation d’un programme prévisionnel d’importation (PPI) pour importer ce produit. Une note ministérielle a été produite dans ce sens.

Le département de Kamel Rezig avait déjà eu à fournir une dérogation à la compagnie nationale des hydrocarbures Sonatrach ainsi qu’à ses partenaires étrangers. Cela leur permet d’importer des biens d’équipement sans avoir à satisfaire à l’obligation d’un PPI.

Ces dérogations sont devenues inévitables. La lourde procédure à laquelle sont soumis les importateurs, notamment les entreprises, occasionne des ruptures de stocks. Cela perturbe le rythme de la production. Evidemment, cela a un coût économique.

Beaucoup d’entreprises se plaignent des nouvelles règles régissant l’activité d’importation. Mais, Kamel Rezig n’entend pas réviser sa méthode. Aussi, quand une situation devient urgente, il délivre une autorisation d’importation sans satisfaire au PPI.

Il en est ainsi des lubrifiants nécessaires à la production industrielle. Le ministère du commerce extérieur et de la promotion des exportation autorise les entreprises à les importer comme «intrants dans le processus de production».

Pénuries en cascade

Jusque-là l’importation des lubrifiants est dévolue pour une grande partie à l’entreprise publique Naftal. Or, il se trouve que cette dernière ne parvient pas à satisfaire à la demande. C’est ce qui a contraint le département de Kamel Rezig à autoriser les entreprises à importer par elles-mêmes les lubrifiants.

Les mesures prises par le ministère du commerce extérieur sont censées réguler les importations. Corrélativement, elles visent à faire des économies de devises, tout en encourageant la production nationale. L’intention est bonne. Mais a-t-on pensé à l’impact de ces mesures sur l’économie nationale?

Les pénuries de produits que ces mesures provoquent sont un fait indéniable. Comme la pièce détachée qui se fait de plus en plus rare sur le marché. Cela contraint les automobilistes et autres conducteurs professionnels (bus, camions, tracteurs) à rouler avec des pièces usagées sans possibilité de les changer. Pour un jeu de pneus, il faut faire des mains et des pieds. Quand quelqu’un parvient à les dénicher, ils sont hors de prix.

Après l’accident dramatique d’Oued El Harrach, qui a coûté la vie à 18 personnes, la question de la vétusté des bus de transports de voyageurs a été soulevée. Soit. Mais les propriétaires des bus et les conducteurs ont soulevé aussi le problème de l’indisponibilité de la pièce détachée.

La logique est ici élémentaire. Pour sécuriser un bus de transport de voyageurs ou de marchandises, il faut un entretien régulier. Et pour effectuer cet entretien, il faut que la pièce soit disponible. C’est à cette équation que doit satisfaire la politique économique du gouvernement. À cette seule équation d’ailleurs. Sinon, ce sera l’éternel tâtonnement.