Après deux renvois, le procès en appel de l’homme d’affaires Ayoub Aissiou, ancien propriétaire de la chaîne de télévision privée Djazairia One, s’est tenu dimanche à Alger. L’audience, qui concernait également son épouse Yasmine Ould Zemirli, ses cinq frères – tous en fuite – et son beau-père Bachir Ould Zemirli, s’est poursuivie jusqu’en fin de journée.
Un seul prévenu était présent à la barre : Bachir Ould Zemirli. Les autres prévenus, ainsi que les représentants juridiques des 18 sociétés liées à Ayoub Aissiou et à sa famille, étaient absents. En première instance, Ayoub Aissiou avait été condamné par défaut à 20 ans de prison ferme, ses frères et son épouse à 15 ans, tandis que Bachir Ould Zemirli avait écopé de sept ans de prison. Lors de ce procès, le parquet avait requis les peines les plus lourdes contre les prévenus en fuite.
Tous sont poursuivis pour « blanchiment d’argent en bande organisée », « dissipation de produits de crimes » et « transfert illicite de fonds vers l’étranger ».
Ancien sénateur et ancien président du club de football du NAHD, Bachir Ould Zemirli affirme être dans les affaires depuis plus de quarante ans et détenir des participations dans plusieurs sociétés.
Au cœur du dossier, la société Clic Promotion
Les débats ont notamment porté sur la société de promotion immobilière Clic Promotion, que l’accusation décrit comme inactive au moment de son rachat. Ould Zemirli dit en détenir 100 % des actions après l’avoir acquise en 2014 pour 100 millions de dinars. Pour le parquet, cette structure dormante a servi de véhicule pour faire circuler les fonds du projet immobilier. L’enquête judiciaire indique que la société appartenait en réalité à Ayoub Aissiou et qu’elle a été utilisée pour dissimuler des fonds d’origine criminelle afin que son nom n’apparaisse pas.
Le prévenu a rejeté ces accusations, assurant avoir lancé deux projets immobiliers à Hydra, dont l’un entièrement financé et réalisé. Il a également nié toute implication dans les activités de son gendre, affirmant n’avoir « aucun lien » avec les sociétés qui lui sont attribuées à l’étranger.
À l’issue de l’audience, le représentant du ministère public a requis 10 ans de prison ferme contre Bachir Ould Zemirli ainsi qu’une amende de 40 millions de dinars.
Les avocats de la défense ont plaidé la relaxe, tandis que le Trésor public a réclamé 500 millions de dinars au titre du préjudice subi.
L’affaire a été mise en délibéré. Le jugement est attendu le 15 mars prochain.