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Rapport ONS : 3,9% de croissance, une reprise encore fragile


Au delà les chiffres plutôt positifs publiés par l’Office national des statistiques (ONS) sur son site web, la photographie de l’économie algérienne au deuxième trimestre 2025 révèle une un contraste : une dynamique de reprise réelle, mais encore fragile, inégalement répartie et traversée des déséquilibres persistants.

Avec une croissance de 3,9% au deuxième trimestre 2025, contre 3,7% un an plus tôt, l’économie algérienne confirme une trajectoire de reprise modérée mais continue. Le gain est modeste ( 0,2 point) mais il reste encourageant dans un contexte international instable et après plusieurs années de vulnérabilité macroéconomique. Le signal le plus encourageant réside ainsi dans la croissance du PIB hors hydrocarbures qui atteint 5,3%, contre 4,4% au deuxième trimestre 2024. Mais force est de constater que  cette diversification est encore tirée par la demande interne et l’investissement, plus que par une insertion compétitive dans les échanges internationaux.

En matière de croissance, trois blocs se détachent nettement. L’industrie affiche une progression de 6,4%, confirmant un redressement. Toutes les branches sont orientées à la hausse, selon les chiffres de l’ONS. “Cette performance confirme la solidité du redressement industriel, sous l’impulsion de plusieurs filières manufacturières en forte croissance. La croissance industrielle a été tirée par plusieurs branches particulièrement dynamiques », souligne-t-on.

Certaines filières connaissent même des envolées à deux chiffres à l’instar des industries manufacturières (+13%), de la  chimie, plastiques et caoutchouc (+11%) ainsi que les matériaux de construction non métalliques (+9,9%), les cuirs et chaussure (+9,6%) et le textile et habillement (+8,8%).  Ceci dit, l’industrie progresse, mais elle reste encore peu exportatrice, et fortement dépendante d’intrants importés. La question est de savoir  s’il s’agit d’une industrialisation productive ou d’un rebond dopé par la commande publique et la substitution aux importations.

 Le commerce, avec +6,7%, accompagne cette dynamique. L’agriculture, en hausse de 4,5%, continue de jouer son rôle d’amortisseur économique et social, malgré un ralentissement par rapport à 2024. Elle reste un pilier, mais encore trop dépendant des aléas climatiques et insuffisamment intégré à l’industrie agroalimentaire.

L’énergie recule

Le contraste est visible du côté des hydrocarbures. Le secteur, connu pour être “la vache laitière”  du pays, recule de 1,2%, avec une chute marquée de l’extraction (–5,5%), tandis que le raffinage et la cokéfaction progressent de 9%. “Autrement dit, l’Algérie extrait moins, transforme davantage. “La valeur nominale du secteur a été évaluée à 1 556,8 milliards de dinars au deuxième trimestre 2025, contre 1 720,0 milliards à la même période de 2024, soit une diminution de 9,5% en glissement annuel », est-il noté.

Cela pèse directement sur les recettes d’exportation et la capacité de financement externe du pays. Le secteur de l’électricité et du gaz (+9,7%) confirme l’effet d’entraînement de l’investissement public et de la demande industrielle.  La construction progresse de 3,4%, en léger ralentissement. En valeur, la hausse est forte (+8,4%), ce qui suggère une composante inflationniste et des coûts élevés plutôt qu’un véritable boom des volumes.

La croissa,ce du secteur des  services retombe à 4,0%, avec des ralentissements notables dans les transports, l’immobilier et les services collectifs. Seuls le commerce, l’hôtellerie-restauration et les activités financières maintiennent une dynamique correcte. Cela traduit une économie encore centrée sur des services à faible valeur ajoutée.

La demande intérieure bondit de 10,2%, contre 6,8% un an plus tôt. Cette hausse est quasi exclusivement portée par la formation brute de capital fixe (FBCF), en progression de 12,4% (et +14,9% en valeur).

La consommation des ménages, elle, ralentit légèrement (+3,9%). Ce tassement suggère que la croissance ne se traduit pas encore par un gain net de pouvoir d’achat.

Importations et exportations : le déséquilibre persiste

Les importations sont en nette hausse : +30,6% en volume, avec une envolée des biens (+34,1%). “Cette hausse marquée s’explique principalement par la dynamique des importations de biens, qui ont augmenté de 34,1%, comparativement à 14,8% une année auparavant. Les importations de services ont également affiché une progression, atteignant 6,0% au deuxième trimestre 2025, contre 4,1% durant la même période de l’année précédente », peut-on lire dans le rapport.

 En face, les exportations stagnent (+0,5%). Les hydrocarbures reculent (–1,3%), tandis que les exportations hors hydrocarbures progressent fortement (+37,2.  En face, les exportations stagnent (+0,5%). Les hydrocarbures reculent (–1,3%), tandis que les exportations hors hydrocarbures progressent fortement (+37,2%), mais à partir d’une base encore trop étroite pour compenser.