Chargement ...

Roqia : un film algérien d’horreur en compétition à Venise


C’est à la Semaine Internationale de la Critique de la Mostra de Venise qu’est  dévoilé, ce 1er septembre, le long métrage de fiction du réalisateur algérien Yanis Koussim. Intitulé Roqia, ce film mêle, à en croire son synopsis, horreur psychologique, mémoire traumatique et traditions occultes.

Le récit s’articule autour de deux temporalités. En 1993, Ahmed, victime d’un accident, revient amnésique dans son village. Son visage entièrement bandé terrorise son propre fils, tandis que des visiteurs nocturnes viennent psalmodier d’étranges litanies dans une langue inconnue. De nos jours, un raqi  affaibli par Alzheimer, voit son disciple s’inquiéter : à travers la perte de mémoire du maître, c’est peut-être un ancien mal qui menace de resurgir. Entre passé et présent, le film tisse une atmosphère étrange, où les fantômes de l’histoire se confondent avec les forces invisibles. Yanis Koussim entend ainsi interroger une mémoire collective blessée en utilisant le langage du fantastique et de l’horreur, rarement exploré par le cinéma algérien. Le casting réunit  les comédiens Ali Namous, Akram Djeghim, Krimo Derradji, Mostefa Djadjam, Hanaa Mansour et Lydia Hanni

Avec Roqia, Yanis Koussim,  qui avait réalisé des courts-métrages très remarqués (Khouya, Khti), signe un long métrage de genre, produit par Supernova Films (Farès Ladjimi) et soutenu  notamment par le Doha Film Institute, le Red Sea Fund, AFAC et l’Aide aux Cinémas du Monde (CNC).

La sélection à Venise prend une saveur particulière pour le réalisateur algérien si l’on se souvient du chemin semé d’embûches de son précédent projet, Alger by Night. Ce film choral, tourné dans les rues d’Alger et suivant une nuit fragmentée entre patineurs, photographes, prostituées et insomniaques, a connu moult déboires et n’a jamais pu être présenté au public (malgré une sélection au festival de  Rotterdam). Yanis Koussim avait dû lancer une campagne de financement participatif pour achever la post-production.

Roqia concourt aux prix de la Semaine de la Critique – dont le Grand Prix IWONDERFULL et le Prix du Public. Les ventes mondiales sont assurées par Alpha Violet, dont les responsables soulignent « la représentation viscérale du traumatisme historique » et « l’imagerie obsédante » portée par l’œuvre.