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Tirsam, nouvel acteur de l’industrie mécanique algérienne


Le groupe Tirsam a annoncé, cette semaine, le début de l’expédition depuis la Chine de 1 000 bus destinés à l’Algérie, dans le cadre du programme public de renouvellement du parc national de transport. L’entreprise n’a pas précisé l’identité du fournisseur, mais selon nos informations, les bus seront d’abord importés sous licences du constructeur chinois Yutong, avant un passage progressif à l’assemblage local.

Acteur historiquement spécialisé dans les remorques et les citernes, Tirsam accélère sa diversification vers l’automobile industrielle. Lors de la Foire de la production algérienne organisée à la Safex d’Alger, le groupe, basé à Batna, a présenté une gamme complète de camions et d’utilitaires assemblés en SKD, reposant sur un portefeuille de licences asiatiques assorties de transferts de technologie.

Les mini-trucks et camions légers et moyens sont produits sous licence du constructeur chinois JMC, tandis que les poids lourds de plus de 10 tonnes s’appuient sur les plateformes de Sinotruk. Les mini-trucks urbains utilisent également une licence du constructeur chinois Changan. Les tracteurs agricoles sont assemblés sous licences indiennes du groupe TAFE.

Le pari d’une industrie au-delà de l’assemblage

Dans le segment des bus, stratégique pour l’État, les minibus de 15 places reposent sur des licences JMC, tandis que les bus urbains de grande capacité et les autocars longue distance utilisent des technologies Yutong, incluant motorisations, trains roulants et chaîne cinématique complète.

Le groupe prévoit de basculer vers le CKD avant la fin du premier semestre 2026 avec la mise en service de son usine en construction à Batna. L’objectif affiché est de produire 26 000 véhicules par an dès 2026, avec un taux d’intégration initial de 40 %, incluant la fabrication des châssis, des cabines et la peinture.

Cette montée en cadence s’inscrit dans la stratégie gouvernementale de substitution aux importations. La nouvelle génération de partenariats industriels permettra-t-elle d’ancrer durablement une base productive locale, au-delà du simple assemblage ?