L’Égypte a validé son billet pour les demi-finales de la CAN en éteignant la Côte d’Ivoire au terme d’un quart de finale électrique (3-2), samedi soir au Grand Stade d’Agadir. Ultra-réalistes, les Pharaons ont puni la moindre approximation ivoirienne avant de finir la rencontre retranchés dans leur camp, accrochés aux gants de Mohamed El-Shenawy et à quelques dégagements façon « on balance et on prie ». Direction le dernier carré, où les attend le Sénégal.
Le scénario a démarré comme une mauvaise blague pour les Éléphants. À la 4e minute, sur un tacle raté et un moment de solitude défensive, Omar Marmoush a profité d’une passe en profondeur d’Emam Ashour pour aller ouvrir son pied droit et glisser le ballon dans le petit filet (1-0). Un but qui claque comme une gifle, sec, propre et sans prévenir.
La Côte d’Ivoire a tenté de remettre de l’ordre par la possession, mais l’animation est restée stérile, coincée entre un Diallo surveillé de près et un Diomandé trop souvent esseulé. L’Égypte, elle, s’est contentée d’un plan simple, un bloc compact, des transitions rapides et Salah en chef d’orchestre qui décroche, observe, puis tranche. À la 32e, l’ailier de Liverpool a déposé un corner long sur la tête de Rami Rabia, venu lober Yahia Fofana au second poteau (2-0). Deux buts, deux erreurs payées cash, et la soirée s’annonçait déjà très longue pour les Ivoiriens.
Et puis, comme souvent dans ce genre de match, un détail a rallumé la mèche. À la 40e, sur un coup franc traînant dans la surface, Ahmed Fatouh a coupé le ballon… dans son propre but (2-1). Un CSC qui a remis de l’air dans les poumons ivoiriens et du doute dans les têtes égyptiennes, malgré une première période globalement maîtrisée par les Pharaons.
Du contrôle au siège
La pause n’a pas calmé l’Égypte. Au retour des vestiaires, elle a même remis une pièce dans la machine à punir. À la 52e, Rabia a encore allongé, Ashour a accéléré côté gauche et centré pour Mohamed Salah, qui a devancé Konan avant de conclure d’un extérieur du pied gauche (3-1). À cet instant, le tableau de bord était cruel, trois tirs cadrés pour trois buts, une efficacité totale, comme un braquage sans gants.
Mais la Côte d’Ivoire n’a pas lâché. Plus agressive, plus directe, elle a fini par mettre le feu sur coups de pied arrêtés. À la 73e, Diallo a envoyé un corner, El-Shenawy a sorti un énorme arrêt sur une reprise à bout portant, avant que Guéla Doué ne surgisse pour réduire l’écart d’une “aile de pigeon” opportuniste (3-2). Le stade s’est réveillé, les Éléphants ont poussé, et l’Égypte a reculé, très loin, très bas, très rouge.
Les dernières minutes ont tourné au siège. Centres dégagés le plus loin possible, coup-franc boxé par un El-Shenawy monté haut, et même un carton pour gain de temps au gardien à la 90e+4, histoire d’assumer jusqu’au bout. Suffisant pour tenir. Au bout du temps additionnel, l’Égypte a résisté et rejoint le Sénégal en demi-finale, après une soirée où elle aura surtout prouvé qu’à défaut d’être flamboyante, elle sait être létale — et un poil filoute, comme il faut quand l’histoire commence à sentir la poudre.