Chargement ...

Un but, une finale : Mané propulse le Sénégal au sommet


Au terme d’un match longtemps étouffant, le Sénégal a fini par faire sauter le verrou égyptien et s’impose logiquement (1-0) face à une Égypte trop timorée. Un succès construit avec patience et autorité, incarné une nouvelle fois par Sadio Mané, décisif au moment clé.

À la pause, Sénégal et Égypte se neutralisent (0-0) dans une demi-finale cadenassée, plus tendue que spectaculaire. Les Lions de la Teranga prennent rapidement le contrôle du jeu, monopolisant le ballon (67 % de possession) et s’installant durablement dans le camp adverse. Malgré cette domination territoriale, les occasions franches se font rares. Une frappe de Nicolas Jackson flirtant avec la transversale et quelques centres dangereux de Sadio Mané constituent l’essentiel du danger sénégalais.

Le premier tournant du match intervient très tôt avec la sortie sur blessure de Kalidou Koulibaly, touché à l’adducteur après avoir déjà écopé d’un carton jaune. Un coup dur pour le Sénégal, contraint de se réorganiser avec l’entrée de Mamadou Sarr, provoquant un léger moment de flottement défensif.

En face, l’Égypte joue petit bras. Prudente, parfois à la limite de la fébrilité, elle n’existe que par à-coups, à l’image d’une percée d’Omar Marmoush ou d’un coup franc de Mohamed Salah bien enroulé mais sans réel danger. Trop peu pour une équipe de ce calibre. Les débats sont hachés, tendus, marqués par plusieurs duels rugueux et des avertissements, dont celui d’Habib Diarra, synonyme de suspension en cas de qualification.

Une première période pauvre en occasions, où le Sénégal affiche plus d’envie que d’efficacité, tandis que l’Égypte se contente de contenir en espérant un exploit isolé.

Sadio Mané et l’Égyptien Mohamed Hany, à droite, se disputent le ballon. (Photo AP / Themba Hadebe)

Une seconde période à sens unique

Dès la reprise, le scénario se prolonge. Le Sénégal confisque le ballon, enchaîne les séquences de possession et accentue la pression. Le remplacement d’Habib Diarra, sous la menace d’un second carton, par Lamine Camara apporte davantage de justesse technique et de verticalité au milieu.

Les Lions multiplient corners, centres et frappes lointaines, sans immédiatement trouver la faille. Mohamed El-Shenawy reste vigilant, soutenu par une défense égyptienne compacte mais constamment acculée. De l’autre côté, les Pharaons peinent à dépasser la ligne médiane. Mohamed Salah tente d’exister par le pressing ou quelques décrochages, mais manque cruellement de relais et d’espaces.

À force d’insister, le Sénégal est logiquement récompensé. À la 78e minute, sur une frappe repoussée aux abords de la surface, Sadio Mané surgit et ajuste El-Shenawy d’un tir rasant au pied du poteau gauche. Un but à l’image du capitaine offensif sénégalais, opportuniste, précis, décisif, qui fait exploser le stade et vaciller l’Égypte.

Ce but est la conséquence directe d’une domination continue, marquée par davantage d’initiatives, de mouvements et d’intensité. Déjà très actif, Mané est justement récompensé de son match plein.

Sadio Mané célèbre après avoir inscrit le but d’ouverture de son équipe. (Photo AP / Themba Hadebe)

Une réaction égyptienne trop tardive

Dos au mur, l’Égypte sort enfin de sa réserve. Les changements offensifs s’enchaînent, les centres pleuvent dans la surface sénégalaise, mais sans réelle organisation ni danger majeur. Malgré cinq minutes de temps additionnel, Edouard Mendy n’est jamais véritablement inquiété. La défense sénégalaise, réajustée après la blessure précoce de Koulibaly, tient bon.

Les dernières minutes sont marquées par une gestion assumée du tempo côté sénégalais, ce qui agace des Égyptiens nerveux et imprécis. Trop attentiste pendant plus de 80 minutes, l’Égypte paie son manque d’ambition.

Au coup de sifflet final, le constat est sans appel. Le Sénégal était au-dessus. Plus cohérent collectivement, plus constant dans l’effort et plus juste dans les moments clés. L’Égypte, pourtant riche en talents, n’a jamais réellement assumé son statut ni pris les risques nécessaires pour bousculer son rival.

Grâce à ce succès maîtrisé (1-0), les Lions de la Teranga décrochent leur billet pour la finale et confirment leur statut de référence continentale. Une victoire de patron, dans un match rugueux et fermé, tranché par celui qui incarne le mieux cette équipe, Sadio Mané.