Le CHU de Bab El Oued a lancé samedi une alerte sanitaire après l’enregistrement du décès d’un nourrisson de 14 mois, empoisonné au Khôl. Trois autres enfants, également contaminés par la même substance et admis dans l’établissement, sont dans un état grave.
Les parents qui recourent à la médecine traditionnelle pour traiter des bobos de santé s’exposent, ou exposent leurs enfants, à des risques mortels. Preuve en est cette contamination au « Khôl » de quatre enfants, dont un est décédé, enregistrée au CHU de Bab El Oued.
L’alerte sanitaire est lancée par l’établissement sanitaire. Samedi, dans un post publié sur les réseaux sociaux, le service toxicologie de l’hôpital a appelé à arrêter d’exposer les enfants à des risques d’empoisonnement. « Alerte sanitaire- arrêtez d’empoisonner les enfants! », a-t-il averti.
« Le service de toxicologie enregistre une augmentation inquiétante de cas de saturnisme aigu liés à l’utilisation du Khôl (produit contenant des quantités très élevées de plomb» — sic, parenthèse non fermée dans le texte original — « par voie orale à des fins médicinales », a souligné le CHU.
Les analyses effectuées ont révélé que l’enfant décédé avait une plombémie (taux de plomb) de 120 µg/L. Deux enfants, âgés de 19 et 12 mois, présentent respectivement des plombémies de 52,5 µg/L et 722,4 µg/L. Pour le troisième enfant, la plombémie n’a pas été réalisée, précise l’hôpital, mais il y a soupçon de saturnisme.
Risques persistants
Le CHU de Bab El Oued a encore souligné dans son post diffusé sur les réseaux sociaux que « ces niveaux témoignent d’une intoxication sévère et potentiellement mortelle », précisant que le plomb « est un neurotoxique puissant, particulièrement dangereux pour les enfants et les nourrissons ».
« Le saturnisme se manifeste par une anémie sévère, des convulsions, le coma et peut entraîner la mort. Il n’est pas sans séquelles en cas de survie. Il peut occasionner un retard psychomoteur irréversible, des troubles de comportement et cognitifs permanents », avertit le CHU.
Les autorités sanitaires, le ministère de la Santé en premier chef, n’ont pas réagi publiquement à l’alerte ainsi lancée par le CHU de Bab El Oued. Car il est impératif qu’une enquête soit diligentée et qu’une campagne de sensibilisation contre l’automédication soit menée.
À tout le moins, des contrôles devraient être effectués, et de manière régulière, au niveau des échoppes qui proposent des produits de médecine traditionnelle, afin de s’assurer qu’ils ne présentent pas de danger pour la santé des personnes qui se les administrent ou les consomment.
Car, il faut le dire, le commerce de produits de médecine traditionnelle (vente en échoppe et sur Internet) a fleuri ces dernières années et de plus en plus s’y intéressent.