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Un quasi-choc pétrolier qui n’a duré qu’une matinée


Les marchés ont oscillé lundi au rythme des déclarations du président américain Donald Trump sur l’évolution de la guerre avec l’Iran, faisant brièvement grimper le pétrole avant un rapide retour au calme. En l’espace de quelques heures, la perspective d’une escalade énergétique mondiale s’est transformée en espoir d’un conflit bref, provoquant de brusques mouvements à la fois sur les marchés pétroliers et boursiers.

Dans la matinée, le prix du baril de Brent crude a brièvement frôlé les 120 dollars, un niveau inédit depuis 2022. La crainte d’une perturbation durable des flux énergétiques au Moyen-Orient — notamment via le Strait of Hormuz, par lequel transite près d’un cinquième du pétrole mondial — avait déclenché un mouvement de panique sur les marchés. Mais ces tensions se sont rapidement dissipées lorsque Donald Trump a laissé entendre que le conflit pourrait être « pratiquement terminé ». Le Brent est alors retombé sous les 100 dollars, puis sous les 90 dollars en fin de séance.

Les marchés d’actions ont suivi la même trajectoire. L’indice S&P 500, après une forte baisse matinale, a terminé la journée en hausse, illustrant la sensibilité extrême des investisseurs aux signaux politiques. Ce retournement souligne une caractéristique centrale des crises géopolitiques contemporaines : l’information circule désormais à la vitesse des marchés, et les déclarations présidentielles peuvent déplacer des centaines de milliards de dollars en quelques minutes.

Les marchés parient sur une tension passagère

Pour l’instant, les économistes restent prudents. La flambée des prix du pétrole n’a duré qu’une matinée et ne constitue pas encore un choc pétrolier comparable à ceux de 1973, 2008 ou même de 2022 après l’invasion de l’Ukraine. Les fondamentaux du marché — stocks relativement élevés et capacités de production disponibles — suggèrent qu’une hausse durable nécessiterait une perturbation physique prolongée de l’offre.

Cela n’empêche pas les consommateurs de ressentir déjà les premiers effets de la tension énergétique. Aux États-Unis comme en Europe, les prix de l’essence ont commencé à grimper, ravivant le souvenir de l’inflation énergétique qui avait marqué l’après-pandémie. Une hausse prolongée du pétrole finirait par se répercuter dans toute l’économie, par le biais des coûts de transport et de logistique.

Pour l’instant, cependant, les marchés parient sur un scénario plus court : une crise géopolitique bruyante mais contenue. Tant que le pétrole ne franchira pas les seuils capables d’étouffer la croissance mondiale, les investisseurs resteront suspendus aux déclarations de Donald Trump.