Dans un communiqué diffusé de mardi 11 mai, le Haut Commissariat des Droits de l’Homme des Nations Unies a fait part de sa « préoccupation grandissante s’agissant de la situation en Algérie où la liberté d’opinion et d’expression ainsi que le droit de réunion pacifique et le droit de prendre part à la direction des affaires publiques continuent d’être attaqués ».
« Depuis la reprise des manifestations dans les rues d’Algérie le 13 février 2021, après une année de protestations en ligne du mouvement Hirak en raison de la pandémie covid-19, nous continuons de recevoir des informations faisant état de l’usage inutile et disproportionné de la force à l’encontre des manifestants pacifiques ainsi que d’arrestations et de poursuites judiciaires », a souligné l’ONU.
Le constat du Haut commissariat des droits de l’homme sur les arrestations et les détentions de citoyens engagés dans le Hirak est accablant : « Au cours des deux derniers mois, des militants, des défenseurs des droits humains, des étudiants, des journalistes, des blogueurs et des citoyens ordinaires exprimant leur opposition de manière pacifique ont continué d’être traduits en justice. Les militants du Hirak continuent d’être poursuivis sur la base de lois très vagues, en dépit de l’annonce, en février 2021, d’une grâce présidentielle ».
L’ONU a exhorté les autorités algériennes à « cesser d’utiliser la violence pour disperser des manifestations pacifiques et à mettre fin aux arrestations arbitraires et à la détention d’individus pour avoir exercé leurs droits à la liberté d’opinion et d’expression et de réunion pacifique ».
Elle a appelé également à ce que la « grâce présidentielle accordée aux personnes participant au moment du Hirak soit effective, et à mettre fin à tout harcèlement judiciaire, et à toute intimidation à leur encontre ».
Le communiqué fait référence aux accusations de torture et de violences physiques et sexuelles commises sur certains détenus, mais n’annonce aucune enquête qui serait conduite par ses rapporteurs. On y invite plutôt les autorités algériennes à mener des enquêtes « rapides, impartiales et efficaces sur toutes les allégations de violations des droits de l’homme ».
Sur le plan des lois, l’ONU a réitéré ces appels antérieurs à réformer le Code pénal et les autres lois liberticides, notamment la loi 12-06 sur les associations et la loi 91-19 sur les réunions publiques et les manifestations « afin que les textes de loi soient conformes aux dispositions du Pacte international relatif aux droits civils et politiques et de la Charte africaine des droits de l’homme et des peuples auxquels l’Algérie est un Etat partie».