Y a-t-il des migrants clandestins algériens portés disparus mais qui seraient détenus, en secret, dans les prisons tunisiennes ? On en parlait depuis longtemps sans qu’aucune voix officielle ou autorisée ne vienne attester de la véracité de l’assertion ou l’infirmer. Jusqu’à tout récemment, lorsque le tribunal d’El Kef (Tunisie) a convoqué des familles et proches de jeunes clandestins algériens portés disparus pour assister à leur procès qui devait se dérouler le 15 avril 2022.
Cependant, grands ont été la déception et le désarroi de ces familles, à la recherche de leurs enfants depuis 14 ans, qui, une fois arrivées au tribunal d’El Keuf, on leur a signifié qu’il s’est agi d’une erreur. Elles se sont attendues à tout sauf à cette « méprise » qui a ajouté à leur peine déjà à peine supportable. A qui s’adresser ?
Les familles interpellent le chef de l’Etat Abdelmadjid Tebboune. Et en guise de première réaction, c’est l’ambassadeur d’Algérie en Tunisie qui a pris la parole. Il a apporté des précisions: « Ces jeunes sont portés disparus depuis 2008 et leur nombre s’élève d’après les témoignages et les différents signalements à 39 personnes », a-t-il affirmé dans une déclaration à l’APS, ajoutant que « des parties ont évoqué leur éventuelle présence dans les prisons tunisiennes en signalant qu’ils sont toujours en vie ».
Quelles sont ces parties dont a parlé l’ambassadeur ? Mystère et boule de gomme !
Le diplomate algérien à Tunis a rappelé : « Les autorités tunisiennes ont officiellement et à maintes reprises nié la présence de détenus algériens dans les prisons tunisiennes, non signalés aux autorités algériennes, et ce conformément aux us diplomatiques et les dispositions des traités internationaux régissant les relations consulaires. De même que les autorités tunisiennes ont enquêté sur les faits sans parvenir à un quelconque indice quant t à la présence de citoyens algériens victimes de disparition forcée en Tunisie ».
Les 39 jeunes algériens, que leurs familles recherchent toujours, ont été portés disparus en 2008, alors qu’ils tentaient de rejoindre clandestinement les côtes italiennes.