Pierre Audin, le fils du célèbre mathématicien, Maurice Audin, mort (exécuté) en martyr pendant la bataille d’Alger, vient d’obtenir le passeport algérien, deux années après avoir accédé à la nationalité algérienne (journal officiel du 2 septembre 2020).
Ce n’est pas trop tôt, puisqu’il a dû y patienter pendant près de 55 ans. Une destinée qui s’accomplit donc pour celui dont le père, militant communiste et anticolonialiste, est mort sous la torture des soldats français en 1957, en plein bataille d’Alger.
Enseignant de mathématique à la faculté centrale d’Alger, Maurice Audin a été arrêté par les parachutistes chez lui (enlevé) au quartier des Champs de manœuvres le 11 juin 1957. Soumis à d’horribles tortures, il sera exécuté sur ordre du sinistre général français Paul Aussaresses.
Ce dernier a avoué le crime au crépuscule de sa vie, sans en éprouver le moindre remords. Il a avoué que Maurice Audin a été exécuté au coteau par un de ses tortionnaires, un officier des paras français. Un aveu qui balaie la version, à laquelle personne ne croyait, selon laquelle Maurice Audin avait tenté de fuir.
Enlevé le 11 juin 1957, le martyr sera déclaré mort le 20 juin de la même année. La quête de la vérité sur sa mort, entamée dès lors, avait mis de très longues années avant d’aboutir, plus longtemps encore avant que l’Etat français ne reconnaisse ce crime colonial, un parmi des centaines, voire des milliers d’autres.
En 2018, le chef de l’Etat français, élu une année auparavant, Emmanuel Macron, reconnaissait pour la première fois la responsabilité de la France dans l’assassinat de Maurice Audin. Josette Audin, l’épouse du martyrs, a dû chercher cette vérité tout au long de sa vie (elle est décédée en 2019 à Bobigny, en France).