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Coronavirus : recrudescence de l’épidémie sur l’ensemble du territoire national


Le bulletin hebdomadaire de l’Institut national de santé publique (INSP), consacré à la situation épidémiologique, annonce une inquiétante recrudescence de l’épidémie de Covid-19 à travers tout le territoire national.

« On assiste à une hausse des hospitalisations alors que le personnel soignant est particulièrement éprouvé par les six premiers mois de l’épidémie et que les mesures de confinement ont montré leurs limites lorsqu’elles sont trop étalées dans le temps », peut-on lire dans le bulletin épidémiologique n° 138 de l’INSP.

La mortalité, selon la même source, a progressé de 5,9 % entre le 8 et le 22 octobre. Les craintes des spécialistes se fondent sur plusieurs constats.

D’abord, la diffusion du virus sur tout le territoire algérien. Selon les chiffres communiqués, c’est le centre du pays qui enregistre le taux de mortalité le plus élevé, avec 5,89 %, soit 899 décès cumulés depuis le début de l’épidémie, suivi par la région Est, avec 4,78 %, soit 613 décès, puis le Sud, avec 3,49 %, soit 200 décès, et l’Ouest, avec 2,02 %, soit 176 décès.

Le Centre du pays concentre les taux les plus élevés

La région Centre enregistre un taux d’incidence de 143 cas pour 100 000 habitants, soit un accroissement hebdomadaire de 3,3 %.

Le document détaille : « Cinq wilayas observent des taux d’incidence supérieurs au taux régional ; ce sont, par ordre croissant, Bouira, 170, Alger, 174, Béjaïa, 204, Tipaza, 205, et Blida, 323 cas pour 100 000 habitants. » Et de préciser : « La wilaya d’Alger enregistre le nombre hebdomadaire de nouveaux cas le plus élevé avec 269 cas ; il a augmenté de 32,5 % par rapport à la semaine précédente, 203 cas. »

« Cette semaine, du 17 au 22 octobre, la wilaya de Jijel a observé une hausse de 68 % ; le nombre hebdomadaire de nouveaux cas a dépassé le seuil de 100. Ainsi, ce nombre est passé de 97 à 163 cas. Les autres wilayas qui déclarent plus de 100 cas sont Béjaïa, 114 cas, Batna, 112, Oran, 106, et Blida, 103. La wilaya de Tizi Ouzou enregistre une augmentation des déclarations de 47,4 % ; le nombre de cas est passé de 57 à 84 cas hebdomadaires. »

À l’Est, l’augmentation des déclarations est également importante : elle est de 45,2 %. La région Ouest enregistre aussi une forte hausse, avec un accroissement de 60,9 %, le nombre de nouveaux cas étant passé de 115 à 185.

Les cas détectés par scanner changent l’ampleur réelle de l’épidémie

Le total des cas confirmés, depuis l’apparition du premier cas en Algérie le 25 février dernier, s’élève ainsi à 56 419, dont 276 nouveaux cas, soit 0,6 cas pour 100 000 habitants lors des dernières 48 heures. Le nombre de décès est de 1 922, alors que celui des patients guéris est passé à 39 273, selon les déclarations du porte-parole du comité scientifique, Djamel Fourar, lundi 26 octobre.

À y regarder de plus près, il apparaît que les chiffres sont multipliés par deux si l’on y ajoute les cas dépistés grâce au scanner thoracique.

« Au 22 octobre, lit-on dans le même bulletin épidémiologique, le nombre de cas cumulés des patients atteints de Covid-19 est de 55 357 cas PCR+ et de 99 331 cas TDM+ ; ces derniers sont multipliés par un facteur de 1,79 par rapport aux cas PCR+. Les déclarations de la morbidité du Covid-19 dans notre pays progressent avec un accroissement identique pour les deux méthodes de diagnostic, PCR et TDM, respectivement de 7,1 % et de 7,3 %, entre le 1er et le 22 octobre. »

À l’échelle nationale, la part des cas PCR+ représente 35,8 % de l’ensemble des cas. Cette proportion était de 37,8 % au 1er juillet, selon la même source.

Des signes d’espoir malgré l’emballement

Dans l’ensemble, les rédacteurs du bulletin de l’INSP constatent une nette augmentation des hospitalisations des patients atteints de Covid-19 à partir de la première semaine d’octobre dans les régions Centre et Est. Le 22 octobre, le nombre total de patients hospitalisés, à l’échelle nationale, était de 3 155, dont 1 721 enregistrés au Centre, 1 143 à l’Est, 198 à l’Ouest et 93 au Sud.

Il y a, si l’on en croit le bulletin de l’Institut national de santé publique, quelques éléments qui invitent à l’espoir. Le document explique notamment que « les décès ont chuté parmi les patients hospitalisés pour Covid-19, ce qui pourrait indiquer que les médecins comprennent mieux comment traiter la maladie et que les stratégies d’atténuation des coronavirus fonctionnent ».

Le déclin, dit-on, s’est produit dans tous les groupes de patients, y compris les personnes âgées et les personnes atteintes de maladies sous-jacentes. Malgré l’emballement de la maladie, les épidémiologistes de l’INSP tiennent un discours rassurant. Les médecins et autres professionnels de la santé détectent, selon eux, plus tôt les signes de Covid-19 sévère. Des protocoles de traitements standards ont été développés selon le tableau clinique et la présence de facteurs de risque.