Le procès en première instance du chercheur en géopolitique Raouf Farrah et ses trois coaccusés, à savoir son père Sebti Farrah, le journaliste Mustapha Bendjama et l’ancienne cadre de la société Asfertrade (filiale d’Asmidal), Mme Hebas Mountaha, s’ouvre demain mardi 8 août 2023 devant le pôle pénal spécialisé près le tribunal de Constantine.
Raouf Farrah et 2 de ses coaccusés, Mustapha Bendjama et Habes Mountada, sont en détention préventive à la prison de Constantine depuis le 19 février 2023. Sebti Farrah, le père de Raouf, comparaitra libre. Mis sous mandat de dépôt en même temps que son fils et les deux autres accusés, il a été libéré le 13 avril 2023, soit après 61 jours de détention et placé sous contrôle judiciaire.
La liberté provisoire a été, en revanche, refusé pour Raouf, principal accusé dans cette affaire qui a éclaté dans le sillage de l’affaire Amira Bouraoui, l’activiste et militante politique qui avait quitté clandestinement le territoire national pour la Tunisie d’où elle avait été exfiltrée vers la France. La défense de Raouf Farrah, assurée par Me Koceila Zerguine, a introduit trois demandes pour sa remise en liberté. Toutes ont été rejetées par la chambre d’accusation du tribunal de Constantine.
Le chercheur Raouf Farrah avait été interpellé au domicile de ses parents à Annaba à qui il était venu rendre visite. C’était le 14 février 2023. Son père a également été arrêté le même jour. Raouf Farrah sera maintenue en garde à vue dans les locaux de la Gendarmerie jusqu’au 18 février, date de son transfert à Constantine pour être présenté le lendemain devant le juge d’instruction qui a décidé de le placer sous mandat de dépôt.
La garde à vue du Sebti Farrah a été moins longue que celle de son fils. Interpellé en même temps que son fils, il sera relâché le soir même, avant d’être arrêté de nouveau le lendemain pour subir la garde à vue jusqu’au 18 février, jour de son transfert avec son fils et les deux autres accusés à Constantine où ils seront tous les quatre emprisonnés.
Le journaliste Mustapha Bendjama, rédacteur en chef au journal Le Provincial, a été interpellé le 8 février 2023, dans le cadre de l’enquête préliminaire sur la fugue d’Amira Bouraoui. Sa garde à vue a donc été la plus longue. Mustapha Bendjama est poursuivi dans deux affaires. L’une concerne la sortie clandestine du pays d’Amira Bouraoui. Dans l’autre, il est poursuivi avec Raouf Farrah pour trois chefs d’accusation.
Raouf Farrah et ses coaccusés sont cités à comparaitre pour trois chef d’inculpation : « perception de fonds auprès d’institutions étrangères ou intérieures dans l’intention de commettre des actes qui pourraient porter atteinte à l’ordre public », « participation à la perception de fonds auprès d’institutions étrangères ou intérieures dans l’intention de commettre des actes qui pourraient porter atteinte à l’ordre public » et « publication d’informations et documents sur un réseau électronique ou autre moyen technologique de média, dont le contenu est classé partiellement ou intégralement secret ».
Les accusés dans cette affaire sont poursuivis sur la base de l’article 95 bis du code pénal et l’article 38 de la loi relative à la protection des données et documents administratifs. Les avocats des accusés vont travailler à démonter les accusations portées conte leurs mandants et plaider leur non-culpabilité.