L’ex-secrétaire général du parti du Front de libération nationale (FLN), Mohamed Djemiai, rompt son silence plus de trois ans après s’être éclipsé de la scène politique.
Ayant succédé à Mouad Bouchareb, balayé par le hirak du 22 février 2019, Djemiai est passé par la case prison avant d’être relaxé dans une affaire d’abus de fonction. Il fait sa réapparition en ce début du mois d’octobre en lançant un appel aux militants du FLN dont un mouvement de contestation est en train de prendre forme à quelques jours de la tenue du 11e congrès du parti.
Djemiai a en effet publié ce vendredi 6 octobre sur sa page Facebook un message aux militants pour ne pas participer aux rassemblements de protestation qui, selon lui, sont programmés pour demain suite à des « appels qui circulent sur les réseaux sociaux ».
Son message intervient, a-il-affirmé « après avoir communiqué avec de nombreux cadres du parti, ses militants et des membres du Comité central ainsi qu’une partie des élus locaux et nationaux ». Il y parle de « l’injustice » , la « marginalisation » , « l’exclusion » et la « vengeance » subies par des militants du parti « n’ayant pas accepté la démarche de ses dirigeants » .
« Je lance cet appel aux frères et sœurs de lutte pour qu’ils ne participent pas à ces rassemblements prévus demain (samedi 7 octobre, Ndlr) car ils ne savent nullement leurs revendications, et pourrait attenter à la stabilité de notre pays » , a-t-il prévenu.
Et d’ajouter : « J’ai la ferme conviction que tout militant, jaloux de préserver les intérêts de son parti, doit veiller surtout à préserver l’ordre public » .
Dans le même sillage, l’ancien patron du FLN a appelé les « bonnes volontés » et les responsables du pays à « œuvrer à arrêter l’hémorragie qui ronge le Front de libération nationale et le massacre perpétré par ses responsables contre les militants » .
Évoquant le prochain congrès, il dit espérer que ce rendez vous puisse être « inclusif, basé sur le dialogue, la fraternité, l’union et la démocratie » . Djemiai a, dans son message, tenu aussi à rappeler que le prochain congrès « est pour nous tous une opportunité que nous devons saisir » .
« Efforçons nous tous à ne pas être égoïstes afin de garantir les bonnes conditions pour la réussite de ce rendez-vous » , a-t-il poursuivi.
Il y a lieu de rappeler que la Cour d’Alger avait relaxé en 2020 l’ancien parlementaire de la wilaya de Tébessa, Mohamed Djemiai, qui était poursuivi pour abus de fonction et humiliation d’un journaliste dans l’exercice de ses fonctions.
En septembre 2020, le tribunal de première instance de Sidi M’hamed avait condamné Mohamed Djemiai à une peine de deux ans de prison, dont un avec sursis.