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Liban : Washington pousse à un cessez-le-feu alors que le bilan humain s’alourdit


Un troisième round de pourparlers directs entre Israël et le Liban s’est ouvert jeudi à Washington, à quelques jours de l’expiration d’une trêve négociée par les États-Unis, qui a réduit sans interrompre les combats entre l’armée israélienne et le Hezbollah. L’objectif libanais est d’obtenir d’abord un cessez-le-feu complet, avant d’aborder le retrait des forces israéliennes du sud du Liban et la question plus explosive de l’arsenal du mouvement chiite soutenu par l’Iran.

Selon un responsable du département d’État américain cité par l’AP, les discussions de jeudi ont été « productives et positives ». La rencontre doit se poursuivre vendredi. Washington tente d’arracher une avancée entre deux pays officiellement en état de guerre depuis 1948, dans un contexte où les échanges de tirs se poursuivent presque quotidiennement de part et d’autre de la frontière.

Un lourd bilan humain au Liban

Le bilan humain donne à ces négociations leur urgence. D’après le ministère libanais de la Santé, 2 896 personnes ont été tuées au Liban depuis le début de la guerre, le 2 mars, dont environ 400 depuis l’entrée en vigueur du cessez-le-feu nominal. Le nombre de blessés atteint 8 824. Six Casques bleus de l’ONU ont également péri dans les tirs croisés.

Les discussions se sont ouvertes quelques heures après l’explosion d’un drone du Hezbollah en territoire israélien, qui a blessé trois civils, dont deux grièvement, selon l’armée israélienne et des hôpitaux. Il s’agit du premier cas signalé de civils israéliens blessés par des projectiles du Hezbollah depuis la trêve. Israël, de son côté, continue de mener des frappes au Liban. Mercredi, sept véhicules ont été visés, dont trois sur l’autoroute principale au sud de Beyrouth, faisant 12 morts, parmi lesquels une femme et ses deux enfants. D’autres frappes dans le sud du pays ont tué 10 autres personnes, dont six enfants.

La délégation libanaise est conduite par Simon Karam, avocat et ancien ambassadeur du Liban aux États-Unis, récemment impliqué dans des discussions indirectes avec Israël. Côté israélien, le conseiller adjoint à la sécurité nationale, Yossi Draznin, devait participer aux échanges. Ce format marque une montée en niveau par rapport aux premières séances préparatoires, menées par les ambassadeurs des deux pays à Washington.

Désarmement du Hezbollah, le point de blocage

Les positions restent éloignées. Israël fait du désarmement du Hezbollah un préalable et présente les discussions comme une étape possible vers une normalisation diplomatique. Le Liban affirme rechercher un accord de sécurité ou un armistice, sans aller jusqu’à une normalisation. Le Hezbollah, absent des pourparlers, s’oppose publiquement à toute négociation directe entre Beyrouth et Israël.

Un haut responsable libanais cité par l’AP affirme que Beyrouth compte fortement sur l’administration Trump pour peser sur Israël. Selon lui, la priorité est d’obtenir l’arrêt complet des hostilités, puis le retrait israélien. La question des armes du Hezbollah serait ensuite traitée sur le plan interne libanais. Dans l’hypothèse d’un retrait israélien, le responsable estime que le Hezbollah pourrait accepter de remettre ses armes à l’armée libanaise, qui en conserverait une partie et détruirait le reste.

Donald Trump a publiquement appelé à une rencontre entre le président libanais Joseph Aoun et le Premier ministre israélien Benjamin Netanyahu. Aoun refuse pour l’instant tout contact direct avec Netanyahu, jugeant qu’un tel geste pourrait provoquer de fortes répercussions internes si les négociations échouaient.