Les Etats-Unis demandent à l’Allemagne et à l’Union européenne un « moratoire » sur la construction du gazoduc Nord Stream 2 reliant la Russie à l’Allemagne.
Considéré par Washington comme un « outil politique du Kremlin », le Nord Stream 2 dont il reste quelques kilomètres à construire en mer Baltique, au large de l’Allemagne, est censé doubler les capacités de livraison de gaz russe de son aîné Nord Stream 1, opérationnel depuis 2012.
Le gazoduc associe le géant russe Gazprom à cinq groupes européens: le français Engie, les allemands Uniper et Wintershall, l’autrichien OMV et l’anglo-néerlandais Shell, pour un budget total évalué à 9,5 milliards d’euros.
« Le moment est venu pour l’Allemagne et l’UE d’imposer un moratoire sur la construction du gazoduc » , a indiqué, samedi 05 décembre, l’ambassadrice américaine par intérim à Berlin, Robin Quinville, dans le quotidien économique Handelsblatt, cité l’AFP.
Et de prévenir : « Ce gazoduc n’est pas seulement un projet économique, mais aussi l’outil politique du Kremlin pour contourner l’Ukraine et diviser l’Europe. Un moratoire montrerait que l’Europe ne tolère plus la poursuite du comportement malveillant de la Russie ».
Selon l’AFP, la démarche américaine n’est pas désintéressée : « Grand producteur de gaz naturel, les Etats-Unis se sont lancés ces derniers dans une offensive commerciale à la recherche de nouveaux débouchés, lorgnant du côté de l’Europe ».
Le gazoduc est également décrié par plusieurs pays européens : l’Ukraine, la Pologne et les pays baltes.