L’Algérie en Coupe d’Afrique des Nations, c’est rarement une promenade de santé. Mais ce n’est presque jamais une humiliation non plus. Non, l’Algérie, c’est plutôt ce type qui sort de la soirée plus tôt… parce qu’il a croisé le futur champion dans l’escalier.
Sur 35 éditions de la CAN, les Verts en ont disputé 22. En réalité, 30 étaient possibles : les autres, c’était avant l’indépendance, quand l’Algérie avait d’autres chats à fouetter que de penser à un 4-3-3 losange. Bilan ? Deux étoiles sur le maillot : 1990 à la maison, 2019 au Caire. Pas énorme sur le papier. Mais l’histoire ne s’arrête pas aux trophées.
Parce que l’Algérie a un talent rare : se faire éliminer par ceux qui finissent tout en haut.
Neuf fois. Neuf.
Neuf éditions où l’équipe qui a sorti l’Algérie a ensuite soulevé la coupe ou disputé la finale. À croire que battre l’Algérie, c’est valider son ticket VIP pour le dernier carré africain.
1980 ? Finale perdue contre le Nigeria.
1982 ? Demi-finale, le Ghana continue et va au bout.
1984 ? Le Cameroun passe, le Cameroun règne.
1992 ? La Côte d’Ivoire sort l’Algérie et s’impose.
1996 ? Quart de finale, l’Afrique du Sud file vers le sacre à domicile.
2000 ? Le Cameroun encore, toujours lui, encore champion.
2004 ? Le Maroc élimine l’Algérie, atteint la finale… avant de tomber sur la Tunisie.
2010 ? Demi-finale, l’Égypte écrase tout sur son passage.
2015 ? Le Ghana sort les Verts en quart et va jusqu’en finale.
Moralité : l’Algérie ne perd jamais contre n’importe qui.
Elle perd contre des équipes en mission, des collectifs en feu, des nations qui ont rendez-vous avec l’histoire.
Et puis il y a les années où l’Algérie ne perd pas. 1990, 2019. Là, ce n’est plus une victime collatérale du futur champion : c’est elle le patron, la main sur la coupe, le cigare aux lèvres.
Alors oui, parfois ça s’arrête en quart, parfois en demi, parfois trop tôt. Mais presque toujours avec cette impression étrange : « on est tombés sur le mauvais client, au mauvais moment ».
Si un jour, en 2025 ou ailleurs, l’Algérie devait encore tomber face à un ogre en devenir, l’histoire murmurerait déjà la suite. Parce qu’en Afrique, quand tu sors l’Algérie…
c’est souvent pour finir champion.
Et ça, ce n’est pas une excuse.
C’est une signature.