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Le Brent dépasse 107 dollars, les marchés pétroliers en forte agitation


Les prix du pétrole poursuivent leur envolée sur les marchés internationaux, le Brent franchissant désormais les 107 dollars le baril, alors que la guerre impliquant l’Iran perturbe la production et les routes d’exportation au Moyen-Orient, l’une des régions clés de l’approvisionnement énergétique mondial.

À la reprise des échanges au Chicago Mercantile Exchange, le Brent — référence internationale du brut — évoluait autour de 107,10 dollars le baril, en hausse de plus de 15 %, tandis que le West Texas Intermediate (WTI) américain atteignait environ 106,38 dollars, soit une progression de plus de 17 %. Vendredi, le Brent avait clôturé à 92,69 dollars le baril, ce qui souligne l’ampleur de la hausse enregistrée en quelques heures seulement. La progression s’est encore accélérée au cours des échanges, les investisseurs réévaluant le risque d’une perturbation durable des flux pétroliers dans le Golfe.

Le marché se concentre en particulier sur le détroit d’Ormuz, par lequel transitent habituellement près de 15 millions de barils de pétrole par jour, soit environ 20 % de la consommation mondiale, selon le cabinet Rystad Energy. La menace d’attaques de missiles et de drones a fortement réduit le passage des pétroliers dans ce corridor stratégique reliant les producteurs du Golfe aux marchés internationaux.

Plusieurs pays de la région, dont l’Irak, le Koweït et les Émirats arabes unis, ont déjà commencé à réduire leur production alors que leurs capacités de stockage se remplissent en raison de la baisse des exportations. Parallèlement, des installations pétrolières et gazières ont été visées par des frappes impliquant l’Iran, Israël et les États-Unis, alimentant les inquiétudes sur l’offre mondiale.

Les produits raffinés s’envolent

La hausse s’étend désormais aux produits raffinés, dont les prix progressent rapidement aux États-Unis : l’essence gagne plus de 10 % et le fuel domestique environ 15 %, signe que les marchés anticipent une contraction de l’offre physique.

La dernière fois que le Brent avait franchi la barre des 100 dollars remonte à 2022, dans le sillage de l’invasion de l’Ukraine par la Russie. La hausse actuelle ravive les craintes d’un nouveau choc énergétique susceptible d’alimenter l’inflation et de freiner la croissance mondiale.

L’Iran exporte environ 1,6 million de barils par jour, principalement vers la Chine. Toute perturbation durable de ces flux pourrait contraindre les raffineurs asiatiques à se tourner vers d’autres fournisseurs, accentuant encore la pression sur les marchés pétroliers déjà sous tension.