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Khamenei II : l’Iran choisit la continuité en pleine guerre


La désignation dimanche de Mojtaba Khamenei comme nouveau guide suprême de l’Iran marque un tournant spectaculaire dans l’histoire de la République islamique. Annoncée par la télévision d’État, la décision de l’Assemblée des experts introduit pour la première fois une forme de succession quasi dynastique au sommet du régime né de la révolution de 1979.

Âgé de 56 ans et longtemps resté dans l’ombre du pouvoir, Mojtaba Khamenei n’a jamais occupé de fonction officielle. Pourtant, depuis plusieurs années, son nom circulait déjà comme celui d’un successeur potentiel, en raison de l’influence discrète mais réelle qu’on lui prête dans les cercles sécuritaires et religieux du régime. Sa nomination comme troisième guide suprême, après son père, l’ayatollah Ali Khamenei, tué lors de frappes américano-israéliennes, confirme le poids déterminant de ces réseaux, notamment celui du Corps des gardiens de la révolution, pilier militaire et politique du système.

La procédure formelle a été respectée : l’Assemblée des experts, un collège de 88 religieux chargé de désigner le guide suprême, affirme l’avoir choisi par un vote « solide ». Aux États-Unis, la réaction ne s’est pas fait attendre. Donald Trump a jugé la nomination « inacceptable », estimant que la stabilité régionale exigeait un leadership différent à Téhéran.

Pour l’Iran, l’enjeu dépasse toutefois la seule succession. Le nouveau guide suprême hérite d’un pouvoir immense — commandement des forces armées, influence sur l’appareil religieux et autorité ultime sur le programme nucléaire — au moment même où le pays traverse l’une des crises les plus graves de son histoire récente.