La visite ce mercredi à Alger de la présidente du Conseil italien Giorgia Meloni, ponctuée d’annonces sur l’extension de la coopération entre ENI et Sonatrach, s’inscrit plutôt dans un registre de consolidation. Présentée comme une nouvelle étape, l’extension à l’exploration offshore formalise en réalité une relation industrielle déjà ancienne et opérationnelle.
ENI est implanté en Algérie depuis plusieurs décennies et constitue le plus important partenaire étranger de Sonatrach, notamment dans le bassin de Berkine et dans les exportations gazières vers l’Europe via le gazoduc TransMed.
Sur le plan énergétique, les annonces ne modifient pas l’équation fondamentale. Si l’Algérie a renforcé son rôle de fournisseur de l’Italie depuis 2022, ses capacités de production et d’exportation restent limitées à court terme. Les marges de hausse reposent principalement sur l’optimisation des infrastructures existantes plutôt que sur des découvertes ou développements rapides, notamment en offshore où les projets nécessitent des cycles longs et des investissements lourds.
Dans ce contexte, l’Algérie ne dispose pas, à horizon proche, de la capacité de se substituer aux volumes russes ni de remplacer les capacités d’exportation du Qatar sur le marché du gaz naturel liquéfié, exposées aux incertitudes de la guerre israélo-américaine contre l’Iran. La stratégie actuelle relève davantage d’un ajustement progressif des flux.
La séquence diplomatique répond ainsi à un double besoin narratif. Pour Giorgia Meloni, l’enjeu est de consolider l’image de l’Italie comme hub énergétique euro-méditerranéen. Côté algérien, il est de renforcer celle d’un partenaire fiable dans un contexte de recomposition des approvisionnements européens.
Au-delà de la mise en scène politique, la visite entérine donc une continuité : celle d’un partenariat déjà dense, appelé à s’intensifier, mais dont les effets resteront graduels et limités par les réalités industrielles du secteur gazier.