L’ancien dirigeant du parti Jil Jadid, Sofiane Djilali, a mis en garde contre une dégradation du climat d’expression en Algérie, dans une lettre ouverte adressée au président Abdelmadjid Tebboune et publiée sur son compte Facebook.
Retiré de la vie politique depuis qu’il a quitté la direction de Jil Jadid en 2025, Djilali évoque une « évolution préoccupante de la vie publique », citant notamment l’interruption d’une séance de dédicace et la censure d’un ouvrage universitaire. Ces incidents, écrit-il, s’inscrivent dans une tendance plus large marquée par « un rétrécissement progressif de l’espace d’expression et d’initiative ».
Selon lui, cette dynamique, souvent justifiée par des impératifs de stabilité ou d’ordre public, produit des effets tangibles sur la société. « Une méfiance croissante » et « une prudence excessive dans la parole publique » s’installent, contribuant à un désengagement d’une partie des citoyens et des élites intellectuelles.
Djilali rappelle avoir échangé avec le chef de l’État au début de son premier mandat, lorsque ce dernier affichait une volonté de promouvoir la liberté d’expression et la pluralité des idées. Ces engagements avaient suscité « un réel espoir », souligne-t-il, estimant que les évolutions actuelles méritent « une attention particulière » au regard de ces promesses initiales.
Dans sa lettre, l’ancien responsable politique insiste sur la centralité de la confiance dans la relation entre l’État et la société, qu’il considère comme le socle d’une stabilité durable. Il souligne que la gouvernance ne se limite pas à l’administration ou à la régulation, mais implique de « produire de la confiance », en garantissant un cadre propice à l’expression, à l’initiative et à la contribution intellectuelle.
Évoquant la notion coranique de « mou’minoun », qu’il rattache à une idée de fiabilité et de sécurité, Djilali appelle à une approche de la gestion publique fondée sur la prévisibilité et la justice. Il met en garde contre un « sentiment d’éloignement » croissant entre les citoyens et leurs institutions, susceptible d’affaiblir le lien de confiance.
L’ancien chef de parti conclut en appelant à restaurer un climat où la parole et l’engagement civique sont « pleinement reconnus et protégés », estimant que la stabilité d’un pays repose avant tout sur l’adhésion de sa population et la crédibilité de ses institutions.