L’Algérie a choisi ses mots avec soin. Au lendemain de l’annonce par les Émirats arabes unis de leur retrait de l’OPEP et de l’OPEP+, effectif le 1er mai, le ministère des Hydrocarbures a publié un communiqué qui sonne comme un rappel à l’ordre collectif, sans jamais citer Abou Dhabi. Les Émirats ont justifié leur décision par leur « vision stratégique et économique » et l’évolution de leur profil énergétique, notamment leurs investissements dans la production nationale.
Dans ce contexte, le ministère algérien des Hydrocarbures réaffirme « avec constance et fermeté » l’engagement de l’Algérie au sein de l’OPEP et de l’OPEP+. Au moment où l’un des producteurs les plus influents du Golfe choisit de s’affranchir de la discipline du cartel, l’Algérie se range du côté de la stabilité, de la concertation et de la solidarité entre pays producteurs.
Le communiqué insiste sur le rôle « stratégique et structurant » de l’OPEP dans la défense des intérêts des producteurs, la stabilisation des marchés et le dialogue avec les pays consommateurs. Ce vocabulaire oppose la coordination collective à la liberté de production recherchée par les Émirats, dont le départ ouvre une brèche dans l’architecture patiemment construite de l’OPEP+.
L’Accord d’Alger comme référence stratégique
L’Algérie rappelle aussi son rôle dans l’architecture actuelle du marché pétrolier. À l’approche du dixième anniversaire de l’Accord d’Alger, conclu en 2016 et considéré comme l’un des jalons fondateurs de l’OPEP+, l’Algérie veut se présenter comme un acteur de continuité. Pour un producteur de taille moyenne, la force de l’organisation reste un levier essentiel : seul, il pèse peu, mais dans un cadre collectif, il dispose d’une voix plus audible.
La portée du communiqué dépasse donc la simple fidélité institutionnelle. Il s’agit d’un signal adressé aux marchés, mais aussi à Riyad, à Moscou et aux autres membres du groupe. L’Algérie dit qu’elle ne suivra pas la voie émiratie. Elle choisit la discipline du groupe au moment où l’OPEP+ traverse un test de cohésion.
Le communiqué ne nomme pas les Émirats, mais il parle à tous les autres : l’OPEP peut absorber un départ, pas une contagion.