Il naît en 1800 dans le douar de Boudjebha, entre les terres sèches de l’Oranie intérieure et les vastes ciels des hauts plateaux. Il meurt en 1867 à Djeniène Meskine-Mekedra, près de Sidi Bel Abbès, emporté par une année de famine et de choléra qui ravage l’Algérie. Entre ces deux dates, Mostefa Abdellah Ben Brahim, dit « Safa », aura traversé presque toutes les figures de son siècle : élève du Coran, juriste, cadi auprès des tribus hilaliennes, caïd dans un monde déjà travaillé par l’ordre colonial, exilé à Fès, séducteur, homme de fête, homme de parole et, surtout, maître du melhoun.