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Mostefa Ben Brahim, l’exil et la grandeur du melhoun algérien

Un poète des hauts plateaux oranais, un exil à Fès, une langue populaire devenue mémoire collective. À travers Mostefa Ben Brahim, la Sorbonne, l’INALCO et la littérature algérienne redécouvrent ce que le melhoun savait déjà : l’universel peut naître d’une gasba, d’une tribu, d’un mot dialectal répété comme une blessure.


Commune de Mostefa Ben Brahim, wilaya de sidi Bel Abbès. Photo DR.

Il naît en 1800 dans le douar de Boudjebha, entre les terres sèches de l’Oranie intérieure et les vastes ciels des hauts plateaux. Il meurt en 1867 à Djeniène Meskine-Mekedra, près de Sidi Bel Abbès, emporté par une année de famine et de choléra qui ravage l’Algérie. Entre ces deux dates, Mostefa Abdellah Ben Brahim, dit « Safa », aura traversé presque toutes les figures de son siècle : élève du Coran, juriste, cadi auprès des tribus hilaliennes, caïd dans un monde déjà travaillé par l’ordre colonial, exilé à Fès, séducteur, homme de fête, homme de parole et, surtout, maître du melhoun.