L’ancien ministre Amara Benyounes, qui a notamment dirigé les départements de la Santé, de l’Industrie et du Commerce, retourne en prison après un premier séjour entre juin 2019 et novembre 2020. Longuement entendu lundi par le tribunal dans une affaire liée à son passage à la tête du ministère de l’Industrie, entre 2013 et 2014, il a été inculpé et placé en détention provisoire mardi 23 juin 2026 au matin, a-t-on appris de sources concordantes.
La nature du dossier dans lequel l’ancien ministre est poursuivi n’a pas été dévoilée pour le moment. Nos sources indiquent néanmoins qu’il a été entendu et inculpé par le pôle pénal économique et financier du tribunal de Sidi M’Hamed dans une affaire remontant à l’époque où il était à la tête du département de l’Industrie. Une affaire liée, donc, à ses anciennes fonctions de membre de l’exécutif.
Amara Benyounes fait partie des ministres des gouvernements d’Abdelaziz Bouteflika qui ont déjà connu la prison. Il avait en effet été incarcéré le 13 juin 2019, après avoir été reconnu coupable de « dilapidation de deniers publics, abus de fonction et octroi d’indus avantages ». Il était poursuivi dans l’un des dossiers liés à Ali Haddad.
Condamné à trois ans de prison ferme en première instance, Amara Benyounes avait vu sa peine réduite à un an de prison ferme lors de son procès en appel, le 3 novembre 2020. À l’issue de ce procès, il avait quitté la prison, ayant déjà purgé sa peine.
Après sa sortie de prison, Amara Benyounes s’est fait oublier. Il a depuis cessé toute activité politique. Il a même lâché les rênes de son parti, le Mouvement populaire algérien (MPA), une formation qu’il a fondée en 2012.
Du RCD au gouvernement Bouteflika
Amara Benyounes avait intégré le gouvernement en décembre 1999, dans le cadre du quota accordé au Rassemblement pour la culture et la démocratie (RCD), dont il était alors un membre influent de la direction. Il avait été nommé ministre de la Santé le 23 décembre 1999 et était resté à ce poste jusqu’au 26 août 2000. Il avait ensuite été nommé ministre des Travaux publics.
En 2001, après les événements de Kabylie, dits « Printemps noir », Amara Benyounes avait quitté le gouvernement, le RCD ayant décidé d’en retirer ses ministres. Mais, pour lui, ce n’était qu’un au revoir.
Il était revenu au gouvernement en 2012 en tant que ministre de l’Environnement, poste qu’il avait occupé jusqu’en 2013. Il avait ensuite rejoint le ministère de l’Industrie, qu’il avait dirigé jusqu’en 2014, puis celui du Commerce, jusqu’en 2015.