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Maghreb des livres: La diversité littéraire maghrébine à l’Hôtel de Ville de Paris

L’Hôtel de Ville de Paris a accueilli la 32ᵉ édition du Maghreb des livres, le 27 et 28 juin. Cette nouvelle édition a placé les lettres tunisiennes à l’honneur, tout en poursuivant l’ambition historique du Maghreb des livres : faire découvrir la diversité des expressions littéraires maghrébines.


Depuis sa création, le Maghreb des livres s’est imposé comme l’un des grands rendez-vous culturels consacrés aux littératures du Maghreb en France. Au fil des années, il est devenu bien plus qu’un simple salon du livre. C’est un lieu où se rencontrent les écrivains et leurs lecteurs, où les historiens dialoguent avec le public, où les mémoires parfois douloureuses trouvent un espace d’expression.

L’édition 2026 a confirmé cette vocation avec une programmation riche mêlant littérature, histoire, sciences humaines, débats de société, expositions artistiques et rencontres avec les auteurs.

Durant deux jours, les visiteurs ont pu découvrir des milliers d’ouvrages : romans, essais, bandes dessinées, livres historiques et publications venues de France et du Maghreb. Les librairies partenaires ont permis au public d’accéder à une grande diversité de titres, notamment avec un espace consacré aux livres édités en Algérie.

Mais au-delà des livres exposés, c’est surtout l’atmosphère particulière du Maghreb des livres qui a marqué cette édition : celle d’un lieu où les lecteurs prennent le temps d’échanger avec les auteurs, de discuter d’histoire, de littérature et de société.

L’Hôtel de Ville de Paris, un lieu historique pour accueillir l’événement

Pour accueillir cette 32ᵉ édition, le Maghreb des livres a investi l’un des bâtiments les plus emblématiques de la capitale française : l’Hôtel de Ville de Paris.

Situé au cœur du 4ᵉ arrondissement de la capitale, ce monument historique, siège de la municipalité parisienne depuis plusieurs siècles, possède une forte dimension symbolique. Ses salons majestueux, ses salles richement décorées et son architecture exceptionnelle donnent une dimension particulière aux événements qui y sont organisés.

Pendant deux jours, ce lieu habituellement associé à la vie institutionnelle parisienne s’est transformé en une grande maison de la littérature maghrébine. Dans les différentes salles, les visiteurs circulaient entre les tables de dédicaces, les espaces de débats et les expositions artistiques.

Le contraste entre le prestige du bâtiment et la proximité des échanges entre auteurs et lecteurs a donné une atmosphère singulière à cette édition.

L’Hôtel de Ville de Paris, au cœur du rendez-vous littéraire maghrébin (Photo: Rouchdi Berrahma)

Au-delà de la littérature, les grandes questions du Maghreb

Parmi les moments forts de cette édition figurait la table ronde consacrée à « La démocratie tunisienne: défis et perspectives ».

Cette rencontre a permis d’aborder le parcours politique de la Tunisie depuis la révolution de 2011, les espoirs suscités par cette transition démocratique, mais aussi les difficultés rencontrées au cours des dernières années.

Les intervenants – Zine Hamda Cherif, Hatem Nafti et Jamil Sayah, avec la modération de Nadia Hathroubi-Safsaf, ont évoqué les enjeux institutionnels, les questions économiques et sociales, ainsi que les attentes d’une société tunisienne confrontée à de profondes transformations.

Autre temps fort de cette édition : la rencontre consacrée au centenaire de l’Étoile Nord-Africaine avec Christian Phéline, Alain Ruscio avec la modération de Nadia Henni-Moulaï.

Créée en 1926, cette organisation occupe une place centrale dans l’histoire politique de l’Algérie et notamment dans l’émergence des mouvements nationalistes nord-africains en France durant l’entre-deux-guerres. Cette table ronde a permis de revenir sur le rôle joué par l’Étoile Nord-Africaine dans la construction d’une conscience politique maghrébine, mais aussi sur son héritage dans les luttes pour l’émancipation et l’indépendance.

La programmation a également proposé une réflexion originale autour du thème: « Présences chrétiennes au Maghreb. De Saint-Augustin à nos jours », avec la participation de Abderrahmane Moussaoui, Lylia nezar et Abdenasser Smail.

Cette rencontre a permis de rappeler que l’histoire du Maghreb est traversée par une pluralité de traditions religieuses et culturelles.

De la figure majeure de Saint-Augustin, né à Thagaste dans l’actuelle Algérie, jusqu’aux communautés chrétiennes contemporaines présentes dans plusieurs pays du Maghreb, les intervenants ont exploré une histoire souvent méconnue.

L’objectif était de montrer que l’identité maghrébine s’est construite au fil des siècles à travers des influences multiples, dépassant les visions simplifiées de l’histoire régionale.

Retour sur l’histoire de l’Étoile Nord-Africaine : une table ronde avec Christian Phéline et Alain Ruscio (Photo: Rouchdi Berrahma)

L’un des grands succès du Maghreb des livres reste la proximité entre les auteurs et le public.

Pendant deux jours, de nombreux écrivains ont participé à des entretiens, des débats et des séances de signatures. Les lecteurs ont pu échanger directement avec des figures reconnues de la littérature, mais aussi découvrir de nouveaux talents.

Slim, figure de la bande dessinée algérienne, en dédicaces au Maghreb des livres (Photo: Rouchdi Berrahma)

Derrière la réussite d’un événement comme le Maghreb des livres, il y a aussi des femmes et des hommes qui travaillent souvent dans l’ombre.

Parmi eux, Anis Kellou, chargé de mission culturelle au sein de Coup de Soleil, l’association qui organise le salon, a joué un rôle essentiel dans la mise en route de cette édition.

Durant les deux journées, il était partout à la fois : accueillir les participants, accompagner les auteurs, répondre aux imprévus, veiller au bon déroulement des rencontres et assurer la coordination entre les différents intervenants.

Véritable homme-orchestre, il a été au four et au moulin pour contribuer à la réussite de cette manifestation qui demande une organisation minutieuse et un engagement constant.

Son travail illustre celui de toute une équipe de bénévoles et de professionnels qui, année après année, permettent au Maghreb des livres de continuer à exister et à rassembler un public toujours fidèle.

Anis Kellou, une des chevilles ouvrières de cette édition du Maghreb des livres (Photo: Rouchdi Berrahma)