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Après l’attaque d’El Watan, Saïd Sadi met en cause des « structures sécuritaires »


Saïd Sadi a vivement réagi, lundi 24 août, à la contribution publiée onze jours plus tôt par El Watan et mettant en cause son parcours et ses relations. Dans un communiqué daté d’Aghribs, l’ancien président du RCD indique que la justice « aura à se prononcer » et dénonce une opération destinée, selon lui, à détourner l’attention du débat politique qu’il cherche à engager.

L’ancien dirigeant politique ne s’attarde pas sur le fond des accusations. Il conteste d’abord les conditions dans lesquelles elles ont été portées, évoquant un « intervenant anonyme que nulle recherche ne permet de situer ou d’identifier ». Selon lui, des sources internes à El Watan lui avaient indiqué que cette « diatribe » aurait été « imposée par des forces occultes ».

« Il était évident que les auteurs de cette opération n’avaient d’autre but que de parasiter le débat auquel j’appelle », écrit Saïd Sadi, qui qualifie l’épisode de « forfaiture ».

Le précédent Mammeri

Pour mesurer la gravité qu’il prête à cette séquence, Saïd Sadi convoque un précédent resté célèbre dans l’histoire politique algérienne, l’attaque dirigée en 1980 contre l’écrivain Mouloud Mammeri par le journaliste Kamal Belkacem dans la presse du parti unique.

Mais la comparaison tourne, selon lui, au désavantage de la situation actuelle. Le journaliste de 1980, rappelle-t-il, avait signé son texte et les médias qui le publiaient « assumaient d’être des organes au service du parti et de la pensée uniques ».

Aujourd’hui, estime-t-il, une attaque comparable emprunte les canaux d’un journal qui revendique son indépendance. Une situation qui témoignerait d’une « domestication avancée » et d’une « régression inquiétante » de la pratique journalistique.

Six mois plus tôt, Saïd Sadi avait pourtant salué avec chaleur le retour d’Omar Belhouchet à la tête d’El Watan. Dans un post intitulé « Retour de Belhouchet à El Watan : une bougie dans un tunnel », il louait un journaliste ayant « résisté avec constance et courage » aux menaces islamistes comme aux « pressions du régime » et voyait dans son retour « une invitation à la résilience ». La publication du 13 août donne aujourd’hui à cet hommage un relief particulièrement amer.

Autre élément notable, El Watan, qui avait retrouvé une page de publicité de l’ANEP après le retour d’Omar Belhouchet et une longue période de sevrage, en affiche désormais deux depuis la publication de la contribution du 13 août.

Pour Saïd Sadi, l’affaire dépasse désormais la seule responsabilité d’El Watan. Elle renvoie à la persistance de circuits d’influence opaques dans la vie politique et médiatique.

Des démarches attribuées à des structures sécuritaires

Le communiqué prend surtout une autre dimension lorsque Saïd Sadi révèle avoir été approché à plusieurs reprises par des personnes disant agir au nom « des plus hautes autorités du pays ».

Ces interlocuteurs se sont, affirme-t-il, révélés être « des émissaires de structures sécuritaires souhaitant étendre leur emprise à toutes les sphères de la vie politique ». Saïd Sadi dit leur avoir opposé « une fin de non-recevoir ferme et définitive ».

Il ne prétend toutefois pas établir formellement un lien entre ces démarches et le texte publié par El Watan. Il envisage plusieurs scénarios, parmi lesquels une opération provenant d’une « officine formelle », l’initiative d’un clan cherchant à en déstabiliser un autre ou encore des pressions indirectes.

Mais, quelle qu’en soit l’origine, ces pratiques montrent à ses yeux que « les vieux réflexes des années de plomb perdurent » et que des efforts considérables restent nécessaires pour que les institutions étatiques retrouvent un « fonctionnement normé et transparent », qu’il présente comme un préalable à toute vie démocratique.

Au-delà de l’attaque personnelle dont il dit être la cible, Saïd Sadi ramène ainsi l’affaire sur le terrain politique, en mettant en cause l’autonomie de la presse, le rôle des appareils de sécurité et leur intervention dans le débat public.

« Nos concitoyens ne doivent pas se laisser distraire ou intimider par des campagnes d’intoxication et des méthodes de gestion de la vie publique d’un autre âge », conclut-il.

La polémique née d’un texte visant Saïd Sadi débouche ainsi sur une accusation autrement plus lourde, celle de la persistance de méthodes d’intervention opaques dans la vie politique et médiatique.