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Incendies : à Zéralda, Tebboune évoque une « main criminelle » sans actualiser le bilan humain


À la sortie de l’hôpital des grands brûlés de Zéralda, Abdelmadjid Tebboune a pris la parole samedi pour la première fois sur les incendies qui ont endeuillé le pays. Le propos, bref, a mêlé registre religieux, piste criminelle et conditions météorologiques extrêmes, sans actualisation du bilan humain.

« C’est quelque chose de douloureux. Il y a la volonté de Dieu et Son destin et, en tant que musulmans, il n’y a pas à revenir sur le destin de Dieu », a déclaré le président de la République, avant d’ajouter qu’« il y a une main criminelle » que les autorités recherchent.

Il s’est toutefois gardé d’aller plus loin sur cette piste. « Je ne veux pas employer de grands mots comme celui de complot », a-t-il précisé, estimant que les conditions avaient également favorisé la propagation des flammes.

Abdelmadjid Tebboune a surtout insisté sur la violence du vent. Selon lui, celui-ci dépassait les 100 km/h dans les zones touchées. Dans de telles conditions, a-t-il affirmé, aucun moyen technique d’extinction, aérien ou terrestre, ne pouvait être utilisé efficacement.

Le bilan humain toujours pas actualisé

Cette explication ne répond toutefois qu’à une partie des interrogations soulevées par la catastrophe. La vitesse du vent peut expliquer les difficultés rencontrées pour combattre les flammes, mais elle ne dit rien de l’alerte, de l’anticipation, du prépositionnement des moyens ni des conditions dans lesquelles les populations ont été évacuées, ou n’ont pas pu l’être.

La visite de Zéralda n’a pas non plus été l’occasion d’établir un nouveau bilan humain. Le président n’a communiqué aucun chiffre actualisé sur le nombre de morts et de blessés, alors que les décomptes continuaient d’évoluer dans plusieurs localités touchées.

Au terme d’une visite consacrée précisément aux victimes les plus gravement atteintes, la parole présidentielle aura ainsi davantage porté sur ce qui aurait rendu l’incendie difficile à combattre que sur l’ampleur humaine du désastre et les conditions de sa gestion.