Quarante-trois jours après avoir fixé de nouveaux horaires et coefficients pour le lycée, le ministère de l’Éducation nationale fait marche arrière. Une décision signée le 9 septembre annule celle du 28 juillet et rétablit le cadre datant de 2006. Le revirement intervient trois jours après le recadrage du secteur par Abdelmadjid Tebboune en Conseil des ministres.
Le ministère de l’Éducation nationale a annulé la nouvelle grille des horaires et coefficients du secondaire général et technologique avant même la rentrée des élèves.
La décision n°36, signée le 9 septembre par le ministre Mohamed Seghir Saâdaoui, abroge intégralement la décision n°20 du 28 juillet 2026, qui devait servir de base à l’organisation des lycées durant l’année scolaire 2026-2027. Elle supprime également « toutes les circulaires » prises pour son application.
La décision n°186 du 23 mars 2006, qui fixait jusque-là les horaires et coefficients du secondaire, « demeure en vigueur ». Les lycées feront donc leur rentrée sur l’ancienne architecture réglementaire.
L’annulation intervient à quelques jours de la reprise des enseignants, fixée au 13 septembre, et à moins de deux semaines de celle des élèves, reportée au 21 septembre.
La grille du 28 juillet constituait l’un des principaux volets des changements pédagogiques préparés pour 2026-2027. Twala avait relevé début août une progression de la spécialisation au lycée, avec davantage de poids accordé aux matières dominantes de chaque filière et un recul de plusieurs enseignements communs. Dans plusieurs filières scientifiques de troisième année secondaire, l’anglais devenait notamment la seule langue étrangère maintenue dans les nouvelles grilles.
Le chantier avait été annoncé plusieurs mois auparavant. En décembre 2025, Saâdaoui avait déclaré devant l’Assemblée populaire nationale qu’il avait été décidé d’alléger les classes terminales en supprimant les matières considérées comme secondaires et sans rapport direct avec la spécialisation. Twala avait alors souligné le risque d’une controverse sur la définition même d’une matière « non essentielle ».
Durant l’été, le débat a dépassé la seule organisation pédagogique. Les horaires, les coefficients, la place du français et de l’anglais, la philosophie et les enseignements liés à l’identité ont alimenté une controverse plus large.
Quarante-trois jours d’été
Le 6 septembre, Tebboune a ordonné que les changements concernant l’Éducation soient examinés en Conseil des ministres avant leur annonce. Il a également demandé de tenir l’école à l’écart des affrontements idéologiques et politiques.
La décision du 9 septembre se réfère expressément aux conclusions de cette réunion. Trois jours après le recadrage présidentiel, le ministère retire ainsi le texte réglementaire qui portait la nouvelle organisation du lycée au lieu d’en modifier seulement certains horaires ou coefficients.
Le calendrier scolaire avait déjà connu un changement comparable. Le 30 juillet, le ministère avait fixé la rentrée des élèves au 6 septembre. Neuf jours plus tard, le Premier ministère l’avait repoussée au 21 septembre « sur instructions » du président de la République.
L’annulation du 9 septembre concerne expressément le secondaire général et technologique. Elle ne remet pas en cause, par elle-même, les modifications annoncées pour le primaire et le collège, notamment le renforcement de l’anglais.
Au lycée, la nouvelle grille adoptée le 28 juillet aura été en vigueur quarante-trois jours d’été.