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À Timimoun, le Sahara prend de la hauteur

Pendant six jours, les montgolfières ont flotté au-dessus de Timimoun, changeant l’horizon familier de l’Oasis rouge. En bas, les curieux se sont rassemblés sur les dunes, les moteurs ont soulevé la poussière et, derrière les palmiers, la ville a poursuivi sa vie. Une parenthèse entre ciel et terre.


Le désert connaît la vitesse des 4×4, les départs à l’aube et la poussière qui reste longtemps derrière les voitures. Les montgolfières, elles, n’ont aucune hâte. Elles prennent de la hauteur, glissent au-dessus des dunes et laissent au sol des spectateurs qui, pour une fois, n’ont qu’à lever les yeux.

Du 28 octobre au 2 novembre, Timimoun a accueilli son premier Festival international de montgolfières et de cerfs-volants. Des enveloppes colorées ont ponctué l’horizon. Des visiteurs se sont installés sur le sable. À la nuit tombée, les brûleurs ont fait apparaître des silhouettes lumineuses dans l’obscurité.

L’événement promettait une nouvelle manière de découvrir l’Oasis rouge. Dans les photographies de Fateh Guidoum, de l’Associated Press, le désert se découvre sous un autre jour. Pendant six jours, ce paysage que l’on vient admirer à perte de vue a donné aux visiteurs une raison de regarder ailleurs, vers le ciel.

Dans le monde de l’aérostation, on appelle cela le « night glow ». Les montgolfières restent au sol, mais leurs brûleurs les transforment en lanternes géantes. Une manière de prolonger la fête sans prendre de l’altitude.
Dans le Sahara, voyager consiste souvent à mesurer les distances et à calculer les réserves de carburant. La montgolfière propose une autre philosophie. On sait d’où l’on part, mais le vent a son mot à dire sur l’endroit où l’on arrivera.
Plus de 70 sportifs algériens et étrangers ont participé à cette première édition. Pour les organisateurs, les montgolfières sont aussi un instrument de promotion touristique. À Timimoun, le ciel devient une nouvelle façon de faire découvrir le territoire.
Un vol en montgolfière commence par un long travail au sol. Il faut préparer l’enveloppe, la gonfler, chauffer l’air et attendre que le vent le permette. L’envol est finalement la partie la plus simple à regarder.
Le principe n’a guère changé depuis les frères Montgolfier, au XVIIIe siècle. Le pilote contrôle l’altitude en chauffant l’air, mais c’est le vent qui décide, pour l’essentiel, de la direction. Une forme de voyage qui exige de renoncer à tout maîtriser.
Entre les conversations et les montgolfières, chacun choisit ce qui mérite son attention.
Le programme ne se limitait pas aux montgolfières. Cerfs-volants géants, démonstrations de sports aériens et ateliers pour enfants figuraient également au rendez-vous. De quoi rappeler que la conquête du ciel peut commencer par un simple morceau de toile.
Six jours suffisent pour organiser un festival, mais pas pour installer une nouvelle destination touristique. Timimoun possède déjà ce que les promoteurs de voyages cherchent partout ailleurs à vendre, l’espace, le silence et la beauté des paysages. Reste à donner aux visiteurs des raisons d’y revenir.