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Algérie – RD Congo : 119 minutes pour une frappe et un soupir

Cent dix-neuf minutes à tourner autour du but, à cogner sur un mur et à regarder le chrono. Puis une frappe, une barre et une explosion. Face à la RD Congo, l’Algérie s’est qualifiée au bout de l’usure, du silence et d’un remplaçant entré pour faire basculer la soirée.


Quand tout le monde pensait aux tirs au but, Adil Boulbina pensait à frapper. (Photo AP / Mosa’ab Elshamy)

Il aura fallu 119 minutes, une prolongation étouffante et une frappe surgie de nulle part pour que l’Algérie arrache ce mardi 6 janvier 2026 son billet pour les quarts de finale de cette 35e Coupe d’Afrique des nations. Face à une RD Congo accrocheuse et disciplinée, les Fennecs ont longtemps buté avant de trouver la faille, au moment où les nerfs lâchent et où seuls les plus lucides font la différence. Ce mardi à Rabat, l’Algérie a gagné au mental.

D’entrée, Verts imposent leur tempo. La possession est algérienne, la volonté aussi. La RD Congo choisit le pragmatisme, verrouille avec un bloc compact, multiplie les duels et casse le rythme. Le ballon circule chez les Fennecs sans réellement pénétrer la surface congolaise. Les occasions sont rares, presque inexistantes. Une frappe trop croisée de Maza, quelques centres sans destinataire, et beaucoup de fautes pour casser l’élan.

Le match gagne en âpreté au fil des minutes. L’Algérie a le ballon, mais pas la solution.

Les contacts s’enchaînent, la tension monte. Bennacer tente d’organiser, Mahrez provoque mais se heurte sans cesse à un rideau défensif bien en place. En face, les Léopards se montrent plus dangereux par à-coups, sur transitions ou coups de pied arrêtés, sans jamais réellement mettre Zidane en grande difficulté. La première période s’achève sans but, dans une ambiance lourde, presque crispée.

La reprise n’apporte pas immédiatement de réponses. Pire, les organismes algériens commencent à tirer la langue. Bennacer sort touché, Bensebaïni vacille, Amoura lutte contre les crampes. Le banc devient une arme et l’entrée d’Hadj Moussa change le visage des Fennecs. Plus de percussion, plus de vitesse, et surtout plus de situations. L’Algérie pousse, se rapproche, mais tombe sur un Mpasi décisif, auteur de plusieurs interventions de grande classe devant Chaïbi et Bounedjah.

Les Fennecs insistent, la RDC résiste

Les minutes défilent, le but se refuse toujours aux Algériens. À 90 minutes, la prolongation s’impose comme une évidence. Personne ne s’en étonne. Le match est trop serré, trop fermé pour se décider autrement.

En prolongation, le rapport de force s’inverse progressivement. Physiquement émoussée, la RD Congo recule et subit. L’Algérie monopolise le ballon, assiège la surface adverse, multiplie les centres et les frappes. Mpasi repousse encore, sa défense plie mais ne rompt pas. Les Congolais semblent attendre les tirs au but, pendant que les Fennecs cherchent désespérément l’ouverture.

Et puis vient cette 119e minute, celle qui fait basculer une rencontre et soulage tout un peuple. À peine entré en jeu, Adil Boulbina surgit en attaque rapide. Une frappe sèche, la barre qui tremble, puis le ballon qui retombe enfin du bon côté. Rabat explose. Les joueurs algériens aussi. Six minutes sur le terrain auront suffi à Boulbina pour inscrire son nom dans cette campagne.

Il n’y aura pas de retour congolais. Pas de tirs au but. Juste un dernier coup de sifflet et un immense soupir de soulagement. L’Algérie s’impose 1-0 au bout de l’effort, sans briller mais avec caractère. Ce succès, plus mental que technique, en dit long sur la capacité de ce groupe à souffrir ensemble.

Les Fennecs rejoignent les quarts de finale avec la conviction qu’il faudra montrer davantage, mais aussi avec la certitude d’avoir franchi un obstacle majeur. Dans les tournois, ce genre de match forge souvent un parcours. Mardi soir à Rabat, l’Algérie a appris à gagner dans la douleur. Et dans une Coupe d’Afrique, c’est souvent tout ce qui compte.