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Maghreb : raccourcis stratégiques, impasses durables

L’échec de l’intégration maghrébine ne tient ni au manque de ressources ni à l’absence d’opportunités, mais à une divergence fondamentale dans le rapport au temps. Entre une stratégie fondée sur le transit et le court terme politique, et une autre misant sur l’infrastructure, l’autonomie et la patience, les rails ont fini par l’emporter sur les raccourcis. Le Maghreb n’a pas manqué sa chance : il l’a méthodiquement ajournée.


Pendant que l’Algérie pose des rails et creuse des tunnels énergétiques sous la Méditerranée, le Maroc se retrouve à inventorier des tuyaux vides et à relire, avec un certain malaise, ses propres communiqués autrefois triomphants. À force de confondre le transit avec la puissance, et le symbole avec la stratégie, Rabat a hérité d’infrastructures sans flux, de territoires sans ressources structurantes et d’un voisin qui, désormais, n’a plus besoin de lui.