Née à Alger en 1949, Fatma Oussedik grandit durant la guerre de libération nationale contre le système colonial français, une période qui marque profondément son parcours. Son environnement familial est alors ouvert aux militants engagés dans les luttes pour l’indépendance de nombreux pays. Durant cette guerre, elle bénéficie également, avec sa famille, de l’hospitalité et du soutien du peuple tunisien, expérience fondatrice dans son rapport à la solidarité. Elle entame des études de sociologie à l’Université d’Alger en 1968, avant d’obtenir un doctorat à l’Université catholique de Louvain en 1996. Elle enseigne au département de sociologie de l’Université d’Alger, ainsi que dans plusieurs universités à l’étranger en qualité de professeure invitée. Dès sa création, elle collabore au CREA, devenu par la suite CREAD, en tant que chercheuse. Ce centre s’illustre notamment dans la construction et l’animation de réseaux académiques internationaux, tels que l’Association des économistes du tiers monde et le CODESRIA. Elle est membre de plusieurs conseils scientifiques et comités de rédaction à l’international, et a publié de nombreux ouvrages et articles dans différents pays. En 1976, elle est membre fondatrice de l’Association des sociologues arabes, ainsi que de l’Association des femmes africaines pour la recherche sur le développement, aux côtés de figures majeures telles que Nawal El Saadawi, Marie-Angélique Savane, Fatima Mernissi et Alya Baffoun. Elle participe régulièrement à des rencontres intellectuelles de premier plan, notamment aux Ateliers de la pensée organisés à Dakar par Achille Mbembe et Felwine Sarr. En 2019, l’Université de La Manouba lui décerne le prix du Savoir partagé, seule distinction qu’elle ait acceptée au cours de sa carrière. Son travail se traduit par une production soutenue d’ouvrages et d’articles, diffusés à l’échelle internationale.
Empêcher une rencontre autour d’un livre, interdire une parole avant même qu’elle ne circule, n’est jamais un simple fait divers. C’est aussi une manière de rappeler que les mots, ...