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Souveraineté à la virgule près : comment l’Algérie a gagné la bataille du sous-sol… puis perdu celle du contrat

L’histoire économique franco-algérienne ne s’est pas jouée uniquement dans les chancelleries ou les champs pétroliers, mais aussi dans les clauses contractuelles, les arbitrages internationaux et les choix de gouvernance. En retraçant plusieurs décennies de litiges autour de Sonatrach, ce texte analyse la manière dont la souveraineté d’un État producteur se négocie, s’impose ou s’érode au fil du temps.


Hassi Messaoud. Photo Twala.

Dans l’imaginaire des décolonisations, la souveraineté ressemble à un geste, celui d’un drapeau hissé, d’un hymne proclamé ou d’un décret signé. Dans la vraie vie des États rentiers, elle ressemble plutôt à un classeur rempli de concessions, d’annexes, de barèmes fiscaux, de prix « conventionnels », de clauses pénales, d’arbitrages et d’exequaturs. L’Algérie l’a appris tôt, souvent à ses dépens, parfois à l’avantage de ceux qu’elle venait de chasser. Et la France, elle, a compris avant beaucoup d’autres qu’on peut perdre un empire et conserver une influence en transformant cette dernière en architecture juridique.