Les éclats de mémoire remontent, débordent le réel. Les ruines d’hier sont celles d’aujourd’hui, avec, en plus, des montagnes de cadavres. Renversé par le vertige d’un tel spectacle, d’une telle géographie broyée, un poète se scandalise de la vacuité du Ciel et s’aventure sur les chemins qui mènent « à la déroute sur l’arbre entaillé ». Dans De sable et de vent, Yahia Belaskri revient aux questions premières pour tenter d’ordonner un monde livré à la démesure des tyrans : les joies et les tristesses de l’enfance ; l’errance après la fin de l’innocence ; l’absence de sens face à l’écrasement et à la destruction des peuples sans défense.