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À Alger-Centre, le procès de Bettache s’invite dans la bataille des locales


Sept ans de prison requis contre un ancien maire à moins de deux mois des élections locales. À Alger-Centre, l’affaire des 1 400 logements participatifs de Saoula rattrape Abdelhakim Bettache à l’approche du scrutin du 28 novembre. Le tribunal de Bir Mourad Raïs doit rendre son jugement le 15 octobre, quarante-quatre jours avant les élections. Samedi soir, l’ancien élu a dénoncé sur Facebook un « acharnement », laissant entendre que ses ennuis judiciaires pourraient servir des intérêts politiques.

« Je ne suis pas candidat et je ne suis engagé dans aucune démarche électorale », assure pourtant Bettache dans un long communiqué. Mais en évoquant des « débats publics » qui prennent « parfois une tournure électorale », il inscrit lui-même son affaire dans le contexte des prochaines locales. Il dénonce des attaques personnelles, défend son bilan à la tête de la commune et rappelle son engagement auprès des habitants. Sans répondre aux griefs précis des souscripteurs.

1 400 logements au cœur du dossier

Ces derniers attendent depuis des années la réalisation d’un programme de 1 400 logements à Saoula, au sud d’Alger. Selon El Khabar, environ un millier d’entre eux se sont constitués parties civiles. Ils disent avoir versé des avances de 800 000 à un million de dinars, parfois davantage, sans obtenir les appartements promis. Leurs accusations visent le promoteur immobilier Noureddine Leklak, mais également le rôle de la commune dans l’orientation des acquéreurs vers celui-ci.

Au cœur du dossier figure la propriété du terrain. Selon les documents invoqués par les plaignants et rapportés par El Khabar, le promoteur n’en était pas propriétaire lorsque les premiers versements ont été réclamés, en 2016. Les souscripteurs reprochent à Bettache d’avoir transmis leurs listes malgré cette situation foncière. Ces accusations restent soumises à l’appréciation du tribunal.

Une affaire bien antérieure aux élections

La proximité du jugement avec les élections peut nourrir les soupçons d’instrumentalisation. Le délai de dépôt des candidatures s’est achevé le 8 octobre, deux jours avant que le réquisitoire soit largement relayé. Mais l’affaire immobilière remonte à près de dix ans.

En janvier 2017, Bettache expliquait déjà, dans un entretien à La Dépêche de Kabylie, que les bénéficiaires des 1 400 logements étaient convoqués pour payer une première tranche. Le 28 août 2019, il annonçait à Ennahar une livraison pour décembre 2020, après une réunion destinée à lever les obstacles administratifs et techniques. Trois mois plus tard, El Massa relatait une nouvelle réunion entre la wilaya, la commune et le promoteur, alors que le chantier accumulait les retards.

Les logements n’ont pas été livrés dans les délais annoncés et les souscripteurs ont multiplié les démarches et les protestations. Selon El Khabar, une plainte avec constitution de partie civile a été déposée en juillet 2024, plus de deux ans avant les élections actuelles. Le dossier a ensuite suivi un parcours procédural marqué, selon le journal, par sa transmission aux autorités compétentes pour autoriser les poursuites contre l’ancien responsable local.

Pas candidat, mais toujours une figure locale

Bettache demeure une figure connue d’Alger-Centre, où il a exercé les fonctions de maire. Mais aucune candidature de sa part aux prochaines élections n’est établie.

Dans son communiqué, l’ancien élu se dit fier de son parcours, rappelle qu’il est fils de moudjahid et réaffirme sa confiance dans la justice algérienne. Les souscripteurs, eux, attendent toujours leurs logements ou la réparation du préjudice qu’ils estiment avoir subi.

Le tribunal rendra son jugement le 15 octobre, à quarante-quatre jours des élections locales. Quelle que soit l’issue du procès et les polémiques qu’il suscite, les souscripteurs de Saoula attendent toujours les logements pour lesquels ils ont versé leurs économies il y a près de dix ans.