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Abdelmadjid Tebboune s’exprime sur la crise avec la France : « Mon seul repère c’est le président de la République »


Le président de la République, Abdelmadjid Tebboune, s’est exprimé samedi 22 mars, lors de sa rencontre avec la presse diffusée en soirée sur les médias audiovisuels publics, sur la crise qui a détérioré la relation algéro-française et qui dure depuis le mois de juillet 2024. Le chef de l’État a affirmé que son seul cap reste le président Macron et que tous les problèmes se règlent avec lui.

« Je ne vais pas tomber dans ce brouhaha, ce capharnaüm qui est en ce moment là-bas. Mon seul repère, c’est le président de la République. Tous les problèmes se règlent avec lui, sinon avec la personne qu’il délègue », a souligné le président de la République, ajoutant que « le contentieux, créé de toutes pièces, est entre de bonnes mains, le ministre des Affaires étrangères qui a toute ma confiance ».

La réponse du chef de l’État à la question posée sur la crise entre l’Algérie et la France a été succincte. Abdelmadjid Tebboune s’est résumé à formuler un message essentiel : que son homologue français reprenne en main le dossier, aujourd’hui laissé entre les mains de polémistes de droite et d’extrême droite qui l’exploitent à des fins électoralistes, mais qui agissent aussi par haine envers l’Algérie.

Une crise alimentée par la droite française, que Tebboune veut régler directement avec Macron

Abdelmadjid Tebboune dit ne pas prêter attention au « brouhaha » qu’il y a en ce moment en France. Un brouhaha qui mêle toutes les voix haineuses envers l’Algérie, dont celle du ministre de l’Intérieur français, Bruno Retailleau, qui s’élève le plus. C’est avec Macron qu’il veut dépasser la crise. Un Macron avec qui, reconnaît-il, il a eu « des moments de sirocco et des moments de froid ».

La crise entre l’Algérie et la France a éclaté suite au soutien public apporté par la France au plan marocain pour le Sahara occidental. L’Algérie avait réagi, on s’en rappelle, par la dénonciation du revirement de la position de la France et par un acte fort : le rapatriement de son ambassadeur à Paris.

Le président Tebboune est revenu ce samedi sur le soutien de la France à la « souveraineté » du Maroc sur le Sahara occidental. C’est aussi la manière ostentatoire dont cela a été fait qui a provoqué la colère d’Alger. « On savait que sur le dossier du Sahara occidental, la France est du côté du Maroc », a-t-il dit, ajoutant : « la France n’a jamais caché son amitié avec le Maroc, cela ne nous a jamais dérangés et cela ne nous dérange pas ».

La mémoire coloniale toujours au cœur des tensions

Invité à commenter la déprogrammation par France 5 d’un documentaire sur l’usage des armes chimiques durant la guerre de libération nationale, ainsi que la suspension du journaliste Jean-Michel Aphatie de RTL pour avoir évoqué à l’antenne des milliers de “Ouradour-sur-Glane” en Algérie, le président Tebboune a déclaré que « les dreyfusards sont encore là-bas ». Il a rappelé, au passage, qu’il existe toujours un contentieux avec la France au sujet du nettoyage des sites nucléaires et chimiques. Un nettoyage que Paris n’a toujours pas effectué.