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ARAV ou la gardienne de la « morale » publique


L’Autorité de régulation de l’audiovisuel (ARAV) se découvre une activité débordante ces derniers jours. Après le directeur de la chaine de télévision Ennahar TV, convoqué et entendu au sujet d’un feuilleton jugé attentant à la morale sur les réseaux sociaux, c’est autour de la directrice de chaine EchouroukTV de se faire tancer pour le même grief au sujet du feuilleton « Babor Ellouh », diffusé durant le Ramadhan, en soirée.

Tout comme « Houb El Moulouk », diffusé par EnnaharTV, « Babor Ellouh » fait l’objet de virulentes critiques sur la toile. Ce dernier contiendrait des scènes jugées  attentatoire « à la sacralité du mois de ramadhan et aux valeurs religieuses et morales » de la société algérienne par les internautes qui s’y sont intéressés. Cependant, contrairement à la direction d’Ennahar TV, qui a pris acte de sa faute et présenté des excuses, tout en suspendant la diffusion du programme pour une semaine, les responsables d’EchouroukTV ne s’estiment pas en faute.

Selon un communiqué de la chaîne rendu public ce mardi 12 avril 2022, les séquences vidéos diffusées sur Youtube et autres plates formes n’ont aucune relation avec le programme mis en cause. Soit, mais dans toute cette histoire, c’est l’attitude de l’ARAV qui est problématique, puisque sa réaction, dans les deux situations d’EnnaharTV et D’EchouroukTV, est dictée non pas par une observation propre des programmes incriminés mais par les appréciations d’internautes sur la toile.

Cette façon de faire de l’ARAV est porteuse de risques, tant est qu’elle risque de la dévier de ses missions réglementaires et l’entraîner sur le terrain de la censure au nom de la « morale publique ». Ses réactions, encore plus ses décisions ne devraient pas caresser dans le sens du poil de vigiles de la morale particulièrement chatouilleux lorsque l’amour, le beau et la douceur sont portés au petit écran.