Le gouvernement algérien prévoit 17 882,6 milliards de dinars de dépenses budgétaires en 2027, contre 9 251,1 milliards de recettes. Le projet de loi de finances fait ainsi apparaître un écart de 8 631,5 milliards de dinars entre les crédits de paiement et les ressources attendues, confirmant l’importance des besoins de financement de l’État.
Selon le rapport de présentation du ministère des Finances, les recettes devraient progresser de 7,4 % par rapport aux prévisions de clôture de 2026, tandis que les dépenses augmenteraient de 1,4 %.
La progression des recettes proviendrait principalement de la fiscalité hors hydrocarbures, dont le gouvernement attend une augmentation soutenue grâce à l’activité économique et à l’amélioration du recouvrement.
Les revenus budgétaires hors fiscalité pétrolière devraient atteindre 6 598,8 milliards de dinars en 2027, en hausse de 11,6 % sur un an.
La fiscalité pétrolière inscrite au budget s’établirait pour sa part à 2 652,3 milliards de dinars, sur la base d’un prix de référence de 60 dollars le baril.
Le gouvernement prévoit toutefois une collecte pétrolière effective supérieure à ce montant, grâce à une hypothèse de prix de 70 dollars le baril. L’excédent attendu, évalué à 905,8 milliards de dinars, serait destiné au Fonds de régulation des recettes.
Du côté des dépenses, les rémunérations des personnels de l’État mobiliseraient 5 916,8 milliards de dinars, soit environ un tiers des crédits de paiement prévus.
Les dépenses d’investissement atteindraient 3 825,4 milliards de dinars, tandis que les transferts publics représenteraient 4 415,4 milliards de dinars.
La charge de la dette publique absorberait 838 milliards de dinars et une enveloppe de 2 060 milliards serait réservée aux dépenses imprévues ou non réparties initialement.
Ces différents postes témoignent de la place centrale de l’intervention publique dans le fonctionnement de l’économie algérienne.
L’État continue de financer les rémunérations, les équipements collectifs, les infrastructures et de nombreux mécanismes de soutien aux ménages et aux entreprises.
Des recettes qui ne couvrent que 51,7 % des dépenses
Mais le niveau des dépenses pose la question de leur financement. Les recettes budgétaires attendues ne couvriraient que 51,7 % des crédits de paiement proposés.
Cet écart comptable ne peut cependant pas être assimilé automatiquement à un besoin d’endettement du même montant. Sa couverture dépendra notamment des ressources de trésorerie, des mécanismes de financement autorisés et de l’exécution effective des crédits ouverts.
Le rapport de présentation ne détaille pas, dans ses principaux tableaux, l’ensemble de ces modalités de financement.
Dans ses projections publiées en septembre, le FMI prévoit un déficit budgétaire de 10,2 % du PIB en 2027 et une hausse de la dette publique, qui passerait de 53,2 % du PIB en 2026 à 60,4 % en 2027.
Le gouvernement prévoit par ailleurs de maintenir les dépenses à un niveau proche de 19 000 milliards de dinars en 2028 et en 2029, tandis que les recettes atteindraient respectivement 9 473,2 milliards et 10 010,6 milliards.
La trajectoire budgétaire repose ainsi sur une progression continue des recettes hors hydrocarbures, sans réduction majeure du niveau des dépenses publiques annoncées.
La question centrale du PLF 2027 demeure donc celle de la capacité de l’État à financer durablement son programme budgétaire, dans une économie où les recettes fiscales intérieures progressent mais ne suffisent pas encore à couvrir l’ensemble des dépenses prévues.