Le gouvernement prépare des marchés par négociation directe pour raccorder les nouvelles stations de dessalement de Chlef, Mostaganem et Tlemcen aux réseaux d’approvisionnement en eau potable. Ces projets ont été examinés dimanche 18 octobre en Conseil des ministres, sans que leurs montants, les entreprises pressenties ou les motifs juridiques justifiant le recours à cette procédure exceptionnelle soient rendus publics.
La négociation directe permet d’attribuer un marché sans appel à la concurrence. La loi 23-12 du 5 août 2023 relative aux marchés publics en limite l’usage à des situations précisément définies. Son article 41 autorise notamment cette procédure pour certains projets prioritaires d’importance nationale dont l’urgence ne permet pas de respecter les délais d’un appel d’offres, à condition que cette urgence n’ait pas été prévisible.
Dans ce cas, l’accord préalable du Conseil des ministres est requis lorsque le marché atteint ou dépasse 10 milliards de dinars. Pour un montant inférieur, l’autorisation doit être donnée en réunion du gouvernement.
Trois stations de 300 000 m³ par jour chacune
Le communiqué de la présidence mentionne l’examen des projets de marchés, mais ne précise pas si leur passation a été approuvée. Abdelmadjid Tebboune a demandé que l’approvisionnement en eau dessalée des trois wilayas soit assuré dans les plus brefs délais, en raison de leur caractère prioritaire.
Les trois stations avaient été annoncées lors du Conseil des ministres du 19 octobre 2025, qui avait approuvé leur localisation. Chacune doit disposer, à terme, d’une capacité de production de 300 000 mètres cubes par jour, soit un total de 900 000 mètres cubes. Les contrats de construction des installations ont été signés en décembre 2025. Les marchés examinés dimanche concernent leurs raccordements en aval.
De douze wilayas annoncées à trois prioritaires
La nouvelle instruction présidentielle modifie toutefois les priorités annoncées cet été. Le 28 juillet, le ministère de l’Hydraulique indiquait que les projets de raccordement des trois stations permettraient d’approvisionner douze wilayas en eau potable.
Moins de trois mois plus tard, la présidence demande de privilégier Chlef, Mostaganem et Tlemcen. L’extension des raccordements à d’autres wilayas devra désormais être précédée d’études techniques évaluant leurs ressources locales en eaux de surface et souterraines.
Le communiqué ne précise pas si l’objectif d’alimenter douze wilayas est maintenu ni à quelles échéances les autres territoires concernés pourraient bénéficier de ces installations.
La construction des stations ne représente qu’une partie du programme. Leur eau doit ensuite être acheminée jusqu’aux réseaux de distribution, ce qui nécessite des conduites, des stations de pompage et d’autres équipements. Les retards de raccordement peuvent donc différer l’approvisionnement des populations, même lorsque les capacités de dessalement sont disponibles.
Le président a également demandé un contrôle plus strict des autorisations de forage pour protéger les nappes souterraines. Cette orientation, ainsi que les nouvelles conditions d’extension des raccordements, devront être intégrées au projet de loi d’orientation agricole en préparation.
Les montants des marchés envisagés par négociation directe restent inconnus, tout comme l’identité des entreprises susceptibles d’en bénéficier. Quant aux douze wilayas initialement annoncées, seules trois disposent désormais d’une priorité explicitement confirmée par le gouvernement.