Le Front des forces socialistes (FFS) dénonce une « vaste opération de purge » de ses candidats aux élections locales du 28 novembre prochain. Dans un communiqué publié lundi 19 octobre, le parti dirigé par Youcef Aouchiche affirme que les rejets concernent la majorité des listes qu’il a présentées, touchant particulièrement les têtes de liste et les candidats disposant d’un fort ancrage populaire.
Le FFS qualifie ces exclusions d’« arbitraires et anticonstitutionnelles ». Il y voit une volonté d’influer sur les résultats du scrutin en écartant des candidats capables de mobiliser les électeurs.
Le parti met en cause l’application des articles 1 et 184 de la loi électorale, dont il avait déjà contesté les dispositions. Leur interprétation « discrétionnaire, excessive et politiquement orientée » aurait transformé, selon lui, la législation en « instrument de filtrage autoritaire » des candidatures.
Cette nouvelle vague de rejets survient dans un contexte de forte désaffection électorale. Le FFS rappelle l’abstention record enregistrée lors des législatives du 2 juillet et les difficultés rencontrées par les partis politiques pour constituer leurs listes. Il relève la contradiction entre les appels officiels à une participation électorale accrue et l’exclusion de candidats susceptibles de mobiliser les citoyens.
Le FFS met en garde contre un « vide politique »
« C’est une véritable entreprise de disqualification du politique qui est à l’œuvre », estime la direction nationale du FFS, qui s’interroge sur une stratégie visant à organiser le vide politique dans la société.
Le parti redoute que l’affaiblissement des formations politiques et des corps intermédiaires ne prive la société de ses espaces de médiation, ouvrant la voie « aux aventuriers, aux apprentis sorciers et aux extrémistes de tout bord ».
Il refuse également que la moralisation de la vie publique serve à justifier des exclusions politiques, rappelant que l’organisation des élections doit garantir la neutralité de l’administration, la transparence et l’égalité des chances entre les candidats.
Le FFS exige « l’arrêt immédiat de cette entreprise de filtrage autoritaire », le réexamen des décisions de rejet qu’il juge injustifiées et la réhabilitation des candidats concernés. Il appelle les hautes autorités du pays à revoir leur démarche et les autres formations politiques à prendre leurs responsabilités pour « faire barrage à cette dérive ».