Le président du Conseil du renouveau économique algérien (CREA), Kamel Moula, a affirmé ce dimanche 17 septembre dans un entretien accordé au quotidien El Khabar, que le comité interministériel institué en 2023 pour le traitement des infractions de change a été gelé sur instruction du président de la République.
Kamel Moula, accompagné des membres du bureau élargi du CREA, reçu en audience le mercredi 13 septembre par Abdelmadjid Tebboune, avait indiqué que des «décisions importantes» ont été prises à l’issue de cette rencontre.
«Nous avons démontré preuve à l’appui au président Tebboune, lors de cette rencontre, que le comité ministériel ayant infligé des amendes aux importateurs de façon illégale pour des faits présumés d’infractions de change n’étaient conformes à ses instruction», a déclaré le président du CREA à El Khabar.
Il a annoncé, par ailleurs, que de nouvelles dispositions relatives au dossier des importateurs interviendront dorénavant, à savoir le «réexamen de tous les dossiers traités par ledit Comité, le droit d’épuiser des voies de recours pour les opérateurs qui se considèrent lésés, voire même leur compensation dans le cas où un abus dans l’opération de vérification est prouvé», a-t-il ajouté.
Mais ce qui est paradoxal dans les déclarations faites par Kamel Moula, c’est que la sonnette d’alarme concernant le travail de ce Comité a été lancée par la responsable d’une autre organisation patronale dont les déclarations ne finissent pas de soulever des vagues.
Pour rappel, la présidente de l’organisation patronale CGEA avait publié le 6 septembre une lettre adressée à Tebboune dans laquelle elle a dénoncé des blocages ainsi que l’existence d’un comité qui inflige des amendes colossales aux patrons.
Dans une vidéo postée sur les réseaux sociaux deux jours après, elle a pointé du doigt le travail de ce Comité que présidait le ministre des Finances.
Des hommes d’affaires «se plaignent au sujet d’amendes infligées par un comité composé de cinq ministres, sans même avoir le droit d’accéder à leurs dossiers, des amendes qui dépassent pour certains le montant des actifs de leurs sociétés et qu’ils ne pourront pas payer», avait-t-elle affirmé.
A titre d’exemple et selon des documents obtenus par Twala, l’entreprise Bentracom Bennacer a été ordonnée de payer une amende de 2,9 milliards de dinars par le ministère des Finances le 31 juillet dernier.
Un montant qui représente 50% du corps du délit comme règlement d’affaires d’infractions de change. Au total, ce sont 26 grandes entreprises qui ont été convoquées au niveau central dans des cas similaires, alors que ce sont des sociétés qui relèvent de la compétence de la direction des grandes entreprises (DGE).
Dans sa correspondance, Saïda Neghza a également dénoncé les prix élevés et une rareté des produits «en raison des restrictions d’ALGEX et autres autorisations exigées», ainsi que d’autres dysfonctionnements de l’économie nationale. Elle a proposé enfin l’organisation d’une tripartite pour «lever les contraintes» et pour «une croissance économique inclusive et vigoureuse».