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De Tahkout à l’État, l’usine de Tissemsilt revient au cœur de l’automobile algérienne


L’usine General Plastic Injection inaugurée jeudi à Tissemsilt n’est pas sortie de terre en quelques mois. Ancienne Plastic Algeria Components du groupe Tahkout, elle a été confisquée, transférée au secteur public puis remise en production. L’État veut désormais en faire l’un des instruments de sa politique d’intégration automobile.

À Tissemsilt, l’État algérien vient de remettre en marche une pièce de l’ancien groupe de Mahieddine Tahkout. Inaugurée jeudi 24 septembre par le Premier ministre Sifi Ghrieb, l’usine General Plastic Injection (GPI) doit fabriquer pare-chocs, tableaux de bord, enjoliveurs et autres composants plastiques destinés aux constructeurs automobiles installés en Algérie. Sa capacité est annoncée à 30 000 tonnes par an par les services du Premier ministre.

L’usine a pourtant une histoire beaucoup plus ancienne. GPI est l’ex-Plastic Algeria Components (PAC), société développée dans l’écosystème automobile de Tahkout à partir de 2017, au moment où son groupe assemblait des Hyundai à Tiaret. Elle est implantée à Sidi Mansour, dans la commune de Khemisti, à Tissemsilt, sur le site d’une ancienne unité publique de production de bois et de liège devenue inactive. Tahkout y a ensuite développé son projet de fabrication de composants automobiles.

Une usine récupérée plutôt que construite

Le site avait déjà fait l’objet de tentatives de réaffectation. En 2013, l’ancien siège de l’entreprise de bois et de liège avait notamment été mis à la disposition de la CCLS de Mahdia par concession. La reconversion de ce type d’emprises faisait alors partie des instruments utilisés par l’État pour accélérer l’investissement industriel.

La législation permettait en effet d’affecter à de nouveaux projets les actifs résiduels ou excédentaires des entreprises publiques ainsi que le foncier situé dans les zones industrielles et d’activités.

La trajectoire de l’usine bascule ensuite avec les procédures judiciaires visant Mahieddine Tahkout. Le 24 janvier 2026, les Domaines ont officiellement transféré les actifs confisqués de PAC à la holding publique Algeria Chemical Specialities (ACS). Une assemblée générale extraordinaire a ensuite rebaptisé l’entreprise General Plastic Injection.

ACS chiffre le projet à 5 milliards de dinars, dont 4 milliards correspondant aux actifs récupérés et un milliard consacré notamment aux nouvelles installations de peinture et d’assemblage. La holding estime que l’outil peut fournir les composants nécessaires à plus de 150 000 véhicules par an.

À partir de 2027, priorité à GPI

La remise en service dépasse cependant la simple récupération d’un bien confisqué. L’État veut faire de GPI un fournisseur commun de la nouvelle industrie automobile. Le 19 septembre, le ministre de l’Industrie Farid Kourtel a demandé aux constructeurs agréés de fournir à l’usine les moules nécessaires à la fabrication de leurs propres composants.

Cinq jours plus tard, Sifi Ghrieb a fixé le calendrier : le 31 décembre 2026 constitue l’échéance au-delà de laquelle les pièces plastiques pouvant être produites localement ne devront plus être importées. À partir de 2027, les constructeurs devront s’approvisionner auprès de GPI pour ces références. APS

Conçue sous Tahkout pour augmenter l’intégration des voitures assemblées par son propre groupe, l’usine revient neuf ans plus tard dans le secteur public. Cette fois, elle n’est plus destinée à alimenter un constructeur. L’État veut en faire un fournisseur commun de l’industrie automobile qu’il cherche à reconstruire en Algérie.