Gérald Darmanin, garde des Sceaux et ministre français de la Justice, est attendu à Alger, lundi 18 mai, sur invitation des autorités algériennes, pour une visite consacrée à la relance de la coopération judiciaire entre l’Algérie et la France.
Le ministre français doit notamment rencontrer son homologue algérien, Lotfi Boudjemaa, ministre de la Justice, garde des Sceaux. Selon la Chancellerie française, ce déplacement vise à ouvrir « un nouveau chapitre » dans la relation judiciaire entre les deux pays, sur la base d’échanges politiques et judiciaires de haut niveau.
Les biens mal acquis parmi les dossiers sensibles
Plusieurs dossiers sensibles doivent être abordés. Paris cite la lutte contre la criminalité organisée, le narcotrafic, le terrorisme, ainsi que la délinquance économique et financière transnationale. Le dossier des biens mal acquis figure également parmi les sujets annoncés, un thème particulièrement suivi dans les relations judiciaires entre les deux rives.
La visite prendra aussi une dimension consulaire et politique avec l’évocation de « dossiers individuels sensibles », dont celui de Christophe Gleizes, journaliste français incarcéré en Algérie. Condamné à sept ans de prison dans une affaire liée à des accusations d’« apologie du terrorisme », il est devenu l’un des points de tension entre Paris et Alger. Sa condamnation en appel avait été confirmée en décembre 2025.
Une délégation française très judiciaire
Le déplacement se distingue aussi par la composition de la délégation française. Gérald Darmanin sera accompagné de Laureline Peyrefitte, directrice des affaires criminelles et des grâces, de Vanessa Perrée, procureure nationale anti-criminalité organisée, et de Pascal Prache, procureur national financier. Leur présence signale la volonté de donner à la visite une dimension technique et judiciaire, au-delà du seul affichage diplomatique.
Cette séquence intervient dans un moment de tentative de détente entre Alger et Paris, après une période de fortes tensions diplomatiques. Le choix du canal judiciaire permet aux deux capitales d’aborder des sujets sécuritaires et financiers lourds, tout en évitant de réduire la visite au seul cas Christophe Gleizes.