Les incendies qui ont frappé la wilaya de Jijel ont causé d’importants dégâts à l’agriculture, avec plus de 12 000 exploitants touchés et des pertes massives dans les vergers, l’élevage et les infrastructures d’irrigation, selon un premier bilan encore provisoire rapporté mercredi par En-Nasr.
La Direction des services agricoles a recensé, au 2 septembre, 12 074 agriculteurs sinistrés dans 140 zones sur les 163 concernées par l’opération de recensement. Le bilan devrait encore évoluer, les équipes n’ayant pas achevé leur travail dans l’ensemble des secteurs touchés.
Les pertes les plus importantes concernent les vergers. Quelque 425 528 arbres fruitiers ont été détruits, sans que l’administration n’ait encore rendu publique la superficie agricole correspondante ni la ventilation par type de culture.
Cette absence de données en hectares laisse une partie importante du coût agricole hors bilan. Jijel dispose d’environ 43 600 hectares de surface agricole utile et d’un périmètre irrigué de 4 885 hectares, dont 4 139 équipés, notamment autour de Taher, Chekfa et El Kennar. Le bassin d’Oued Nil concentre notamment des cultures irriguées et sous serre. À ce stade, aucun chiffre ne permet de savoir combien d’hectares effectivement productifs ont été détruits.
Plus de 7 000 têtes de bétail perdues
L’élevage a également payé un lourd tribut. Les services agricoles ont comptabilisé la mort de 1 943 bovins, 2 772 ovins et 2 415 caprins, soit 7 130 têtes de bétail. Les incendies ont aussi tué 196 736 poulets de chair et 14 892 poules pondeuses.
La filière apicole a perdu 8 351 ruches pleines et 2 414 ruches vides.
Les dommages touchent également les moyens de production. Plus de 370 kilomètres de conduites d’irrigation classiques et 34 kilomètres de réseaux de goutte-à-goutte ont été détruits. Le bilan fait aussi état de 657 réservoirs d’eau, 184 abris agricoles et huit groupes électrogènes endommagés, ainsi que de sept kilomètres de câbles électriques.
Plus de 30 800 bottes de paille et 293 quintaux d’aliments concentrés ont également été perdus.
Ces chiffres donnent une première mesure du choc subi par l’agriculture de Jijel, importante zone de production maraîchère. Ils ne permettent toutefois pas encore d’en mesurer pleinement l’impact : aucune estimation du nombre d’hectares de terres agricoles ou de cultures maraîchères détruites n’a été communiquée à ce stade.