Le parquet n’a toujours pas communiqué sur les circonstances du décès du détenu d’opinion Hakim Debbazi, survenu dimanche 24 avril 2022 à Alger. Un décès qui a soulevé un grand émoi mais surtout de colère de la part de beaucoup d’internautes qui, pour la plupart, dénoncent la systématisation de la détention provisoire à l’encontre notamment des cyber-militants.
Parmi les voix qui s’en sont indignées, celle de la ligue de défense des droits de l’homme (LADDH), exprimée par son vice-président Said Salhi qui, dès dimanche soir, a interpellé les autorités pour qu’elle fasse la lumière sur ce décès.
« Les autorités judiciaires sont tenues d’informer l’opinion publique sur tous les détails, circonstances et causes de cette disparition tragique », a –t-il écrit sur sa page facebook, avant d’appeler « à l’ouverture d’une enquête judiciaire pour situer les responsabilités ».
De son côté, Atmane Mazouz, chargé de la communication au RCD et candidat à la présidence du parti en juin prochain, en a fait la même demande : « Les autorités doivent impérativement communiquer sur cette tragique disparition d’un père de famille détenu arbitrairement pour ses opinions ».
Le décès de Hakim Debbazi a remis en mémoire les morts en prison de Kamal Eddine Fekhar et de Mohamed Tamalt. « Après Mohamed Tamalt et le docteur Fekhar, Debbazi meurt en détention. Aucun responsable, aucun coupable pour répondre de ce crime », a écrit Arezki Ait Larbi, journaliste et éditeur.
Beaucoup d’autres réactions de militants des droits de l’homme mais aussi de citoyens lambda ont abondé dans le même sens. Père de 3 enfants, Hakim Debbazi est mort à l’âge de 55 ans. Il a été arrêté le 22 février 2022 à Hadjout et mis en détention préventive à la prison de Koléa.