Le premier ministre palestinien, Mohammed Shtayyeh, dont le gouvernement siège en Cisjordanie occupée, a remis, ce lundi 26 février, sa démission, et celle de son cabinet ministériel, donc, au président de l’autorité palestinienne Mahmoud Abbas. Mohammed Shtayyeh jette l’éponge après un long magistère de 5 années entières.
Dans son Laïus devant son gouvernement, lors de sa réunion hebdomadaire, le premier ministre palestinien a indiqué avoir informé Mahmoud Abbas de sa volonté de quitter ses fonctions il y a une semaine, expliquant que sa démission est en lien avec les développements politico-sécuritaires qui ont survenu en Palestine ces derniers mois, notamment la guerre contre Ghaza.
Mohammed Shtayyeh a affirmé en outre que « la prochaine étape nécessite de nouveaux arrangements politiques gouvernementaux qui prennent en compte les développements dans la bande de Ghaza, les pourparlers sur l’unité nationale et le besoin urgent de parvenir à un consensus palestinien bâti sur une base nationale, une large participation, l’unité des rangs et l’extension de l’autorité sur l’ensemble de la terre de Palestine ».
Le premier ministre palestinien démissionnaire est favorable, et c’est un secret de polichinelle, à un gouvernement d’union nationale qui intègre le Hamas, aujourd’hui en guerre contre Israël dans la bande de Ghaza. Depuis 2006, le pouvoir politique est bicéphale en Palestine : le Hamas gouverne à Ghaza et le Fatah en Cisjordanie.
Intervenant au moment où les coulisses autour du leadership palestinien après la guerre de Ghaza s’animent, la démission de Mohammed Shtayyeh est, pour nombre d’observateurs, la conséquence de pressions américaines qui ne veulent pas d’une réhabilitation politique du Hamas qu’Israël s’acharne à anéantir militairement.
Cependant, Mohammed Shtayyeh a expliqué que sa démission résulte de « l’intensification de la colonisation et du terrorisme des colons israéliens, des invasions et des réoccupations répétées des camps, des villages et des villes de Jérusalem et de Cisjordanie, ainsi que des restrictions financières inédites ».
Cette déclaration cache mal un reproche à l’autorité politique palestinienne, exercée par Mahmoud Abbas, qui demeure sans réaction face à ce que les colons palestiniens commettent en Cisjordanie et face à ce que l’armée israélienne commet comme génocide à Ghaza.
Le président de l’Autorité palestinienne, dont la légitimité est fort contestée, va devoir constituer un nouveau gouvernement, lequel pourrait être constitué de ministres technocrates. Du moins d’ici la fin de la guerre israélienne contre Ghaza. Une guerre qui se poursuit, malgré les appels, nombreux, à un cessez-le-feu humanitaire.
Assurée du soutien des américains, qui utilisent leur droit de véto pour paralyser le Conseil de sécurité de l’ONU, les israéliens poursuivent les bombardements sur la localité de Rafah, alourdissant chaque jour le bilan des martyrs. Un bilan, de victimes civiles surtout, déjà trop lourd.
Le mardi, Tout en maintenant ses raids sur Rafah, ou plus d’un million de personnes sont livrés à la mort et à la famine, l’armée sioniste a bombardé la ville de Baalbek, dans l’est du Liban. Le premier bilan a fait cas de deux morts et plusieurs blessés. Le Hizbollah libanais y a riposté par le tir de pas moins de 60 roquettes sur Israël.