Chargement ...

WhatsApp en Algérie : le ministère des Télécommunications veut maintenir l’identification derrière les pseudonymes


Le ministère de la Poste et des Télécommunications a demandé à Meta de garantir que les comptes WhatsApp utilisés en Algérie restent liés à des numéros de téléphone valides et vérifiés, selon un communiqué publié le 10 août, au moment où l’application commence à introduire les noms d’utilisateur.

Cette nouvelle fonction permet de communiquer sans afficher son numéro de téléphone à ses interlocuteurs. Le ministère ne s’y oppose pas. Il estime même qu’elle peut améliorer la confidentialité et l’expérience des utilisateurs. Il veut toutefois empêcher qu’un compte puisse fonctionner uniquement sous un pseudonyme, sans numéro associé.

Dans une lettre adressée à Meta Platforms, le ministère dirigé par Sid Ali Zerrouki demande une confirmation écrite que chaque compte actif en Algérie conservera ce lien avec un numéro vérifié par un opérateur. Il réclame aussi un calendrier de mise en œuvre si des adaptations techniques propres au marché algérien sont nécessaires.

La demande place d’emblée la nouvelle fonction de WhatsApp sur le terrain de l’identification. Le ministère invoque la prévention de la fraude, de l’usurpation d’identité et de la cybercriminalité, ainsi que la nécessité de garantir la « confiance numérique » et la responsabilité des utilisateurs.

Le pseudonyme pourrait se substituer au numéro dans les échanges visibles, sans rompre la chaîne d’identification entre le compte WhatsApp, le numéro de téléphone et le titulaire de la ligne enregistré auprès de l’opérateur.

Le ministère assure que cette exigence ne remet pas en cause le chiffrement de bout en bout des conversations. Celui-ci protège le contenu d’un message, tandis que le rattachement à un numéro permet d’identifier le compte. Les arguments mobilisés montrent néanmoins que l’évolution de WhatsApp est appréhendée avant tout comme un enjeu sécuritaire de traçabilité.

La demande est d’autant plus préventive que WhatsApp continue, à ce stade, d’exiger un numéro pour l’activation d’un compte. Le ministère cherche donc surtout à obtenir de Meta l’assurance que l’arrivée des pseudonymes ne conduira pas, à terme, à des comptes totalement détachés d’un numéro identifiable.